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Euro-2012 - L'Europe s'est donnée en spectacle

30/06/2012 09:11 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

Du jeu, des buts et du suspense: l'Euro-2012, dont la finale oppose dimanche l'Espagne à l'Italie, a tenu toutes ses promesses en terme de spectacle, confirmant une tendance de fond déjà constatée lors de l'édition précédente.

Avec 2,4 réalisations par rencontre et en attendant le dénouement prévu à Kiev, ce Championnat d'Europe organisé en Pologne et en Ukraine fait quasiment aussi bien que le tournoi austro-suisse de 2008, bouclé sur une belle moyenne de 2,48 buts inscrits par match.

Malgré une saison souvent longue et harassante pour les grandes vedettes européennes, ballottées entre les exigences domestiques et la nécessité de bien figurer en Ligue des champions ou en Europa League, cet Euro aura donc fait la part belle à l'offensive.

Personne n'a osé reprendre à son compte la tactique minimaliste employée par le Chelsea de Roberto Di Matteo, digne héritier du catenaccio italien, pour remporter la première C1 de l'histoire du club. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur le casting des demi-finales (Espagne, Portugal, Allemagne, Italie) pour voir la primauté de la technique sur toute autre considération.

Si la maîtrise collective espagnole, le talent individuel des Portugais ou la philosophie offensive des Allemands ne sont pas des découvertes, le meilleur exemple de cette évolution concerne l'Italie, qui a délaissé son pragmatisme légendaire pour un jeu beaucoup plus tourné vers l'avant avec le magicien Pirlo à la baguette et le puissant Balotelli pour conclure les actions.

L'équipe de France de Laurent Blanc, qui a subitement misé sur une tactique ultra-défensive pour défier les champions du monde et d'Europe espagnols en quart de finale (2-0), aura donc agi à contre-courant et l'a payé cher.

Même si les cinq leaders du classement des buteurs (Balotelli, Ronaldo, Dzagoev, Gomez, Mandzukic) sont bloqués à trois petites unités, "c'est le tournoi le plus offensif depuis nombreuses années", a estimé samedi le président de l'UEFA Michel Platini, dont le record du nombre de buts lors d'un Euro (9 en 1984) sera difficile à battre.

Le tableau mérite toutefois d'être nuancé. L'Espagne, incarnation d'une certaine perfection dans le jeu depuis 4 ans, aime confisquer le ballon et domine ses adversaires en terme de possession et d'occupation du terrain. Mais cette équipe ne se crée pas de nombreuses occasions franches et se contente souvent de scores étriqués, comme l'a prouvé le Mondial-2010 (4 derniers matches gagnés 1-0).

La demi-finale de l'Euro-2012 Espagne-Portugal (0-0, 4 t.a.b à 2) a ainsi été une sorte de caricature et un sommet d'ennui, le terme "boring Spain" étant désormais accolé sur les réseaux sociaux aux performances des joueurs de Vicente Del Bosque.

Pour évoquer la Roja, reviennent sans cesse les noms des créateurs Xavi, Iniesta, Fabregas ou Silva mais il ne faut pas oublier que c'est surtout grâce à une défense de fer qu'elle a bâti sa domination depuis 2008.

Avec dans les buts l'un des meilleurs gardiens du monde, Iker Casillas, des défenseurs de classe internationale (la paire Piqué-Puyol en 2008 et 2010, Piqué-Ramos à l'Euro-2012, la révélation Alba sur le côté gauche) et le métronome Xabi Alonso à la première relance, l'Espagne n'a pas de soucis à se faire derrière.

Casillas n'a d'ailleurs pas encaissé le moindre but lors des 9 derniers matches à élimination directe de l'Espagne, soit depuis le 8e de finale du Mondial-2006!

"L'Espagne n'est pas du tout ennuyeuse, a pourtant analysé Platini. C'est un football différent, basé sur la technique et l'intelligence. Le nombre de passes effectuées est impressionnant, surtout au milieu de terrain. Un sélectionneur doit jouer selon les qualités de ses joueurs, pas selon les désirs des journalistes."

kn/grd

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