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Euro-2012 - Del Bosque, l'art de la diplomatie

30/06/2012 11:45 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

A la tête de la Roja depuis juillet 2008, le sélectionneur Vicente Del Bosque peut dimanche à l'occasion de la finale de l'Euro à Kiev contre l'Italie, ajouter un titre de champion d'Europe à son sacre de champion du monde obtenu en 2010.

Non content d'être déjà le sélectionneur espagnol comptant le plus de victoires avec la Roja (51 victoires en 61 confrontations), Del Bosque, 61 ans, entrerait dans l'histoire du football s'il menait Casillas et les siens à un triplé Euro-Mondial-Euro inédit.

Homme pondéré, désintéressé et ouvert à la critique, Del Bosque, qui a reçu le titre de marquis du Roi d'Espagne, est un peu l'antithèse de José Mourinho, l'entraîneur du Real Madrid, club qu'il a entraîné à deux reprises et avec lequel il s'était forgé un palmarès déjà conséquent.

Modeste, il ne se considère pas comme le père fondateur des succès de la Roja et estime qu'il n'est que le continuateur de Luis Aragones, son prédécesseur qui avait écrit les premières pages de cette "success story" avec le titre de champion d'Europe acquis en 2008.

Le natif de Salamanque peut toutefois se prévaloir d'avoir apporter sa pierre à l'oeuvre collective qu'est le style de l'Espagne, fondé sur la possession de balle et le jeu en passes courtes et répétées, le fameux tiki-taka.

Mais la marque de fabrique de Del Bosque, c'est la gestion collégiale. L'ancien entraîneur du Real Madrid a su gagner la confiance de son vestiaire en l'associant à ses décisions.

"Mon secret, c'est justement de ne pas imposer mes vues. Toutes mes décisions, je les soumets aux joueurs et nous en discutons ensemble", explique-t-il.

Rabibocheur en chef

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Cet art de la diplomatie avait déjà pu être admiré lors de la saison 2010, quand une longue série de clasicos de plus en plus tendus entre Real et Barça avait fait tanguer l'harmonie de la Roja.

A ce moment, Del Bosque avait joué les rabibocheurs en chef, minimisant les tensions dans le vestiaire des Rouges et les appelant à l'union sacrée au nom des intérêts supérieurs du pays.

Double vainqueur de la Ligue des Champions avec le Real, l'Espagnol qui aime le consensus, sait cependant rester ferme quand il estime être dans son bon droit.

Assez vivement contesté après le premier match de l'Euro face à l'Italie (1-1), quand il avait préféré le milieu Fabregas à l'avant-centre de métier Torres, Del Bosque n'a pas hésité à renouveler l'expérience à chacun de ses matches, en alignant Fabregas soit d'entrée soit en cours de jeu.

"Nous nous sommes plaints durant des décennies parce que nous n'avions pas d'idée de jeu. Et maintenant que nous en suivons une, nous ne savons pas la savourer à sa juste valeur", avait alors lancé, poli mais ferme, Del Bosque à ses détracteurs.

cle/grd

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