MONTRÉAL - Avec son dernier projet Radio Music Society et un « big band » de 11 musiciens, la talentueuse chanteuse et bassiste aux allures de top modèle, Esperanza Spalding, était au Métropolis vendredi soir pour proposer son assemblage de sonorités jazz et d'ambiances pop.

L'an dernier, la jeune femme s'était produite au Théâtre Maisonneuve peu de temps après s'être méritée le Grammy de la Révélation de l'année. En plein enregistrement de son dernier opus, la rafraichissante femme connaissait à ce moment une popularité croissante qui n'a depuis cessé de grandir. Pour preuve, sa performance de « What a Wonderful World » lors de la 27e cérémonie des Oscars, en février. Aujourd'hui, plus rien ne semble résister à la surdouée, qui fait craquer les cœurs et chauffer les billetteries.

En début de concert, un grésillement est perceptible. Il proviendrait d'un immense radio noir et blanc de carton disposé côté cour de la scène, en avant-plan. En fait, c'est un élément conceptuel du concert. De l'objet surgit également un échantillonnage de sons qui évoque l'idée d'une personne qui passe de poste en poste à la recherche d'une proposition radiophonique qu'il lui plairait. Après un moment, le choix s'arrête sur une musique jazzy : la bande de musiciens se révèle ainsi au spectateur.

Entretemps, l'élégante Spalding apparaît sur scène pour envoyer de bonnes frappes de basse. Du coup, les cuivres s'emballent sur ce rythme groovy. Un jam qui sert bien d'entrée en matière. Il met à profit les sept cuivres, qui s'ajoute au noyau central de musiciens émérites que Spalding trimballe en tournée.

«Ce que nous souhaitons ce soir, c'est que la musique soul, qui est intelligente, soit diffusée davantage sur les ondes radiophoniques. C'est entre autres notre mission », a raconté la compositrice en ouverture de spectacle.

À cet égard, Esperanza Spalding ne se gênera pas pour échanger de tout et de rien - politique, musique, amour, liberté, enjeux sociaux - durant toute la soirée. Sa signature.

Envoûtante

C'est « Hold On Me », de son quatrième et dernier album, qui ouvre véritablement le bal. Sur de beaux passages à la contrebasse, la chanteuse se fait enjôleuse, passionnée, éprise. Sa voix douce et pure est malheureusement parfois difficile à entendre. On ne saurait trop s'en formaliser, car l'atmosphère est belle avec le piano, le saxo et les montées de cuivres.

Viendra par la suite la « fausse » balade « I Can't Help It », extrait de l'album Off the Wall de Michael Jackson sur laquelle la basse est alerte. On entend plusieurs séries de « da-da-da-li-da-ba-da-da-ba-la-la », comme elle seule en a la recette. Le délire musical est bon et les vocalises de la chanteuse agréables, mais le tout s'avère long, quoique bien récupéré par la saxophoniste en feu.

La souriante « Smile Like That » fera après sautiller Spalding aux côtés de sa contrebasse, qu'elle troquera en chemin pour la basse électrique.

Sur les paroles semi-récitées de « Crowned & Kissed », la formation livre des arrangements sympathiques et sensuels qui sont magnifiés par les envolées passagères des cuivres.

Plus tard, Endangered Species, de Wayne Shorter, fut un moment fort de la performance, tout comme l'interprétation de « Black Gold ». Aux premières notes de cette populaire chanson, les spectateurs se sont enthousiasmés pour chanter en chœur les paroles écrites en l'honneur du peuple noir.

« Black Gold with a diamond soul
Think of all the strength you have in you
From the blood you carry within you
Ancient men, powerful men
Builders of civilization ».

En apparence incongrue, l'offre musicale générale prend tout son sens à mesure qu'on avance dans la soirée. Comme si la touche envoutante d'Esperanza Spalding devenait une force magnétique latente, mais ô combien puissante.

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  • Festival international de jazz de Montréal: 29 juin 2012

    GRUBB (Crédit photo: Marc Young)

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    Mr. Ho's Orchestrotica (Crédit photo: Marc Young)

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    Patrizio (Crédit photo: Marc Young)

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