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Des islamistes détruisent des tombes musulmanes classées par l'UNESCO au Mali

30/06/2012 05:16 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

BAMAKO, Mali - Des combattants islamistes liés à al-Qaïda ont détruit des mausolées classées comme site patrimonial mondial par l'UNESCO dans la ville malienne historique de Tombouctou, ont annoncé samedi un résidant et des responsables des Nations unies.

Irina Bokova, qui dirige l'organisation onusienne touchant l'éducation, la science et la culture, a fait mention, dans une déclaration publiée samedi, de rapports indiquant que les mausolées musulmans plusieurs fois centenaires de Sidi Mahmoud, Sidi, Moctar et Alpha Moya avaient été détruits.

Selon Ali Yattara, un habitant de Tombouctou, les islamistes avaient commencé à attaquer les tombes des personnages saints avec des pelles. Il a ajouté qu'ils répondaient ainsi à la requête de l'UNESCO, déposée jeudi, pour que ces sites soient placés sur la liste des endroits menacés de l'organisation.

Au dire de M. Yattara, les habitants de l'endroit envisagent de répliquer. Il a ainsi déclaré que les jeunes de Tombouctou se préparaient à contre-attaquer après la violation des sépultures des saints hommes. Les armes islamistes seront contrées avec des bâtons et des roches, a-t-il lancé.

Les islamistes, a-t-il précisé, n'apprécient pas le respect que portent les résidants aux tombes.

L'UNESCO a appelé à l'arrêt immédiat de la destruction des trois tombes musulmanes sacrées.

Mme Bokova a ainsi appelé «toutes les parties engagées dans le conflit à mettre fin à ces actes terribles et irréversibles».

Jeudi, le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO, réuni à Saint-Pétesbourg, en Russie, a placé les mausolées des musulmans saints sur sa liste de sites en danger à la demande du gouvernement malien.

La France a elle aussi condamné la «destruction délibérée».

Tombouctou est un centre intellectuel islamique depuis au moins le 12e siècle.

Des combattants islamistes du groupe Ansar Dine ont déclaré qu'ils contrôlaient désormais la moitié nord du Mali après avoir expulsé un groupe séparatiste touareg. Les groupes rebelles ont profité d'un vide créé lors d'un coup d'État survenu en mars dans la capitale pour conquérir des territoires dans le nord.

La montée en puissance des islamistes est une mauvaise nouvelle pour le pays d'Afrique de l'Ouest fort de 15,4 millions d'habitants, qui a été plongé dans le chaos après le coup d'État.

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