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Des courriels compromettants sont dévoilés dans l'affaire Jerry Sandusky

30/06/2012 06:56 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

STATE COLLEGE, États-Unis - Des courriels révèlent qu'un ancien président de l'Université Penn State, aux États-Unis, a accepté de ne pas dévoiler aux autorités les allégations d'agressions sexuelles à propos de l'ancien entraîneur de football adjoint Jerry Sandusky, mais s'inquiétait que des responsables de l'Université seraient «vulnérables» si ces allégations n'étaient pas rapportées, a dévoilé un média.

Selon CNN, les courriels, tout d'abord dévoilés par NBC ce mois-ci, ont suivi le témoignage, en 2001, d'un adjoint qui disait avoir vu Sandusky agresser sexuellement un garçon dans les douches d'un vestiaire de l'équipe.

L'ancien entraîneur adjoint a été reconnu coupable, plus tôt en juin, de 45 chefs d'accusation d'agressions sexuelles sur 10 garçons après que le scandale ait éclaté, l'an dernier. L'affaire a ébranlé l'un des programmes de sports les plus célèbres des États-Unis, déboulonnant le mythe d'une équipe universitaire au-dessus des scandales frappant d'autres équipes dans divers États.

Les courriels révèlent que le directeur des programmes athlétiques Tim Curley et le vice-président à la retraite Gary Schultz désiraient rapporter les allégations, avant de se raviser. Le président de l'époque, Graham Spanier, a répondu qu'il «appuyait» leur plan, mais disait s'inquiéter que les trois hommes pourraient «devenir vulnérables pour ne pas en avoir fait mention».

Le scandale a mené aux licenciements de M. Spanier et du légendaire entraîneur Joe Paterno, ainsi qu'au dépôt d'accusations contre MM. Curley et Schultz, soupçonnés de parjure pour leur témoignage devant un grand jury et pour ne pas avoir rapporté les allégations d'agressions sexuelles. Les deux hommes nient les allégations et ont demandé à un juge d'annuler les accusations. M. Spanier n'a pas été accusé.

Le reportage de CNN cite un courriel envoyé de M. Schultz à M. Curley, le 26 février 2001, 16 jours après que l'assistant Mike McQueary ait parlé de l'agression à l'entraîneur Paterno. M. Schultz suggère de parler des allégations à Sandusky, son organisme caritatif pour les jeunes à risques et au département du bien-être social, qui enquête sur les cas présumés d'agression contre les enfants.

La nuit suivante, M. Curley envoie cependant un courriel à M. Spanier, indiquant qu'après avoir réfléchi et avoir parlé à M. Paterno, il était «mal à l'aise» avec cette idée et voulait plutôt travailler avec M. Sandusky avant de contacter les autorités.

Si Sandusky collabore, indique le courriel, «nous travaillerons avec lui... si ce n'est pas le cas, nous n'avons pas le choix et nous en informerons les deux groupes», ajoute le reportage de CNN.

L'avocat de la famille de M. Paterno a affirmé samedi que l'ex-entraîneur, décédé d'un cancer des poumons en janvier, ne s'était pas interposé dans le cours de l'enquête, ni tenté de nuire à l'enquête sur Sandusky. Wick Sollers a déclaré par voie de communiqué que M. Paterno avait livré un témoignage véridique et au meilleur de sa mémoire devant le jury.

Me Sollers a également précisé que les courriels n'avaient pas été écrits par son client, pas plus qu'il ne les avait reçus, puisqu'il n'utilisait jamais le courriel.

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