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Ziggy Marley au Festival de Jazz: autre époque, même combat

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ZIGGY MARLEY
Getty Images

MONTRÉAL - Marcher dans les traces d’un père aussi célèbre que le reggae-man Bob Marley n’est pas chose facile. Or, après plus d’une douzaine d’albums parus et une panoplie de concerts offerts ici et là dans le monde, Ziggy n’a plus véritablement besoin de faire ses preuves. Activiste, auteur, compositeur, acteur, animateur, il a su de belle façon trouver sa place au soleil. Avec Wild and Free Tour, il débarquait au Métropolis, jeudi soir, pour la première fois au Festival de Jazz de Montréal. Histoire de générations.

Perché à l’arrière-scène, un énorme drapeau rappelle les couleurs emblématiques de la Jamaïque et le fameux rouge du fanion « Freedom » si cher à son père. Au centre, un immense cœur. Les thématiques de liberté et de paix sont annoncées. Pour le reste, il faut bien entendu, pour saisir l'ensemble, ajouter les pigmentations rasta-reggae, le sang chaud et la lumière du Sud.

Dans une allure très décontractée, le chanteur s’est avancé sur scène pour envoyer sans détour « Welcome to the world », proposition assez circonspecte. On ce serait attendu a davantage d’énergie comme invitation dans cet univers pourtant si magnétique.

Entouré d’une choriste et de six musiciens de talent (basse, guitares électriques, clavier, percussions, batterie) Marley s’est repris de belle façon avec « Let Jah will be done » dans laquelle on a pu apprécier le sympathique jeu de la guitare (Takeshi Akimoto) et des percussions.

Ensuite viendra la fraternelle balade « Brothers and Sisters » (de l’album 'Joy & Blues' (1993). Jolie, mais ce n’est pas tout à fait la luminescence Marley que nous attendions. La pièce manque de muscle.

À l'énergique « Conscious Party », on a enfin senti la fougue de Ziggy Marley. L’orchestration est généreuse et le chanteur démontre du chien. La complicité entre les musiciens est belle. « Are you ready for a revolution ? » criera par la suite le chanteur avant d’envoyer « Personal Revolution », qui parle de l’action individuelle dans la mobilisation sociale. Ici, les chœurs collent parfaitement aux arrangements authentiquement reggae. Les séquences à la batterie sont « cool » et les percussions incarnent bien, quant à elles, l’idée du militantisme (style marche militaire).

« Stand Up » for « Justice »

Ensuite, on ne s’étonnera pas d’entendre « Jusctice » pour laquelle Marley y mettra beaucoup d’émotion : la gestuelle est dramatique et le corps sautille. Le groove est bon, soutenu. « What I’m gonna do without you », chantera-t-il.

Subtilement, la formation a enchainé (sans pause) avec quelques notes de « Get Up, Stand Up », succès planétaire du père qui soulève toujours les passions. La relecture de Ziggy est superbe. La musique est entrainante, assez lourde, les chœurs efficaces. Le jam est fort. Tout était en place pour faire chanter et déhancher les spectateurs complètement captivés. Un des moments intenses de la soirée.

À voir la physionomie du chanteur-guitariste, son attitude, le timbre de sa voix, les couleurs, voire sa coiffure, de toute évidence l’héritier avance côte à côte avec l’icône américaine qu’est Bob Marley. Même les compositions du jeune martèlent les idéaux du père. Cela dit, la musique est moderne. Le rock s’est fait une place plus marquante chez Ziggy. Et le travail musical du fils s’est rafraichi. Amélioré. Disons le ainsi, nouvelle génération, même combat.

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