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Wimbledon - L'élimination de Nadal, un choc aux conséquences multiples

29/06/2012 08:13 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

L'élimination inconcevable de Rafael Nadal face au 100e mondial, le Tchèque Lukas Rosol, au deuxième tour de Wimbledon, rebat les cartes pour le classement mondial, les jeux Olympiques et la fin du tournoi.

Le 11 juin, le N.2 mondial était encensé par la planète entière après son septième titre à Roland-Garros. Il venait d'améliorer le record du légendaire Suédois Björn Borg et d'empêcher Novak Djokovic de réussir le Grand Chelem.

Moins de vingt jours plus tard, la chute est brutale. Une cruelle désillusion succédant au plus grand bonheur, telle est normalement la loi du sport. Mais Rafael Nadal, 11 titres du Grand Chelem au palmarès, n'est pas un sportif ordinaire.

Sa défaite a donc fait l'effet d'un séisme à Wimbledon. Les vétérans des médias ont sondé chaque recoin de leur mémoire pour trouver trace d'une pareille surprise. Sans pouvoir arriver à une vraie conclusion.

L'Espagnol ne s'était plus incliné aussi tôt dans un tournoi du Grand Chelem depuis 2005, à Wimbledon déjà. Il avait fêté quelques jours plus tôt ses 19 ans et ne faisait que sa deuxième apparition à Londres, sur un gazon qu'il n'avait pas encore apprivoisé.

Depuis, Nadal s'est imposé deux fois au All England Club, en 2008 face au maître Roger Federer et en 2010, prenant part à cinq des six dernières finales. Un succès cette année lui aurait permis d'être le seul avec Borg, dans l'ère Open (depuis 1968), à avoir fait trois fois le doublé Roland-Garros/Wimbledon.

Le Majorquin n'avait non plus jamais été battu dans un tournoi du Grand Chelem par un joueur classé au-delà de la 70e place mondiale. Le voir perdre contre quelqu'un, âgé comme lui de 26 ans mais qui n'avait jusque-là remporté que quatre matches en Grand Chelem, est un choc absolu.

Même si le gazon est plus susceptible que d'autres surfaces de créer de telles sensations, ce revers arrive au mauvais moment pour Nadal. Sa victoire à Roland-Garros avait renversé la dynamique dans son duel avec Djokovic.

Le Serbe l'avait dominé en finale des trois précédents tournois du Grand Chelem et avait semblé prendre l'ascendant psychologique. L'échec londonien est donc un coup d'arrêt aux ambitions de Nadal, qui va perdre 1.165 points au classement ATP.

Il va très probablement voir Federer lui reprendre la 2e place mondiale. Quant à celle de N.1, elle est désormais pratiquement hors de portée pour cette année, seul le Suisse pouvant encore menacer Djokovic, à condition de remporter son septième Wimbledon.

Nadal, qui est apparu en difficulté physiquement et va s'accorder quelques jours de repos, se retrouve aussi sous pression en vue des JO de Londres, qui débutent dans moins d'un mois.

Il est le tenant du titre, mais ne sera pas le premier des favoris sur le gazon de Wimbledon. Cette défaite donnera des idées à beaucoup, dans une compétition disputée sous un format en trois sets (hormis la finale), encore plus à même de favoriser les surprises.

L'élimination de Nadal a aussi d'évidentes conséquences sur la suite de Wimbledon. Pour la première fois depuis Roland-Garros 2011 (contre Federer), la finale d'un tournoi du Grand Chelem ne l'opposera pas à Djokovic.

Sans lui, un gouffre béant s'ouvre dans le bas du tableau. Jo-Wilfried Tsonga, tête de série N.5 et demi-finaliste l'an passé, est le mieux placé pour s'y engager. Très à l'aise sur gazon, le Français, qui avait battu Federer en quart l'an passé, a tout pour récidiver.

Un autre joueur voit là une belle opportunité. Le Britannique Andy Murray (N.4) peut déjà s'imaginer disputer une quatrième finale en Grand Chelem, sa première à Londres. Mais les attentes d'une nation qui attend un vainqueur dans un tournoi du Grand Chelem depuis 76 ans vont être décuplées.

cyb/chc

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