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Procès de l'opposante rwandaise Ingabire : jugement reporté au 7 septembre

29/06/2012 06:37 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

La Haute cour rwandaise a reporté au 7 septembre son jugement dans le procès de l'opposante Victoire Ingabire, poursuivie notamment pour complicité de terrorisme et propagation de l'idéologie du génocide.

"Le jugement vient d'être reporté au 7 septembre," a indiqué à l'AFP le porte-parole du parquet général Alain Mukurarinda. "Les juges ont expliqué qu'ils examinaient encore certaines choses."

Ni l'accusé, qui rejette les accusations portées contre elle et boycotte son procès, ni ses avocats étaient présents à l'audience ce vendredi, jour initiallement prévu pour le rendu du jugement. Le parquet a requis la perpétuité.

Présidente des (FDU), formation d'opposition non reconnue par Kigali, Victoire Ingabire, une Hutu, est incarcérée depuis octobre 2010 et poursuivie pour complicité de terrorisme, propagation de l'idéologie du génocide, sectarisme et divisionnisme, atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, création d'un groupe armé avec l'intention de provoquer la guerre.

Lors du procès, l'accusation a affirmé disposer de preuves de transfert d'argent de Mme Ingabire au profit des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), mouvement de rébellion hutu rwandais qui multiplie les exactions dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et que Kigali qualifie de "terroriste".

Le Parquet a aussi accusé l'opposante d'avoir rencontré à Kinshasa des "commandants de bataillon" des FDLR en vue de créer une force rebelle destinée à attaquer le pays.

Mme Ingabire était rentrée au Rwanda début 2010, après 17 ans d'exil aux Pays-Bas. La même année, elle avait cherché, en vain, à se présenter à l'élection présidentielle rwandaise. Paul Kagame, dont le Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion) a stoppé le génocide des Tutsi en 1994, avait été réélu avec 93% des voix.

Le jour même de son retour au Rwanda, l'opposante, après avoir déposé des gerbes de fleurs à un mémorial du génocide à Kigali, avait demandé que les auteurs de crimes commis contre les Hutu en 1994 soient aussi jugés.

Kigali accuse Mme Ingabire d'avoir nié, par de tels propos, la réalité du génocide de 1994, au cours duquel au moins 800.000 personnes selon l'ONU, essentiellement Tutsi, ont été tuées.

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