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Nouvelles manifestations et violences à la veille d'une réunion cruciale

29/06/2012 10:52 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi en Syrie, au lendemain de violences ayant fait plus de 180 morts au cours de l'une des journées les plus meurtrières depuis le début du conflit, qui est au menu d'entretiens entre les chefs de la diplomatie américaine et russe.

La rencontre de Hillary Clinton et Sergueï Lavrov à Saint-Pétersbourg vendredi se tient à la veille d'une réunion internationale prévue à Genève. Les Etats-Unis, la France ou encore le Royaume-Uni pourraient la boycotter s'il y avait un risque que le plan de l'émissaire Kofi Annan, qui préconise un gouvernement de transition pour mettre fin au conflit, ne soit pas adopté.

Or le conflit est de plus en plus sanglant, avec des bilans dépassant ces dernières semaines la centaine de victimes chaque jour. Celui de jeudi a atteint 183 morts, dont une centaine de civils et 60 soldats, selon les chiffres de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

En plus de 15 mois de révolte, les opérations de répression et, depuis quelques mois, les combats entre armée et rebelles ont fait plus de 15.800 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH.

Des milliers de personnes ont manifesté comme tous les vendredis à travers la Syrie malgré l'intensification des combats et le quadrillage des villes, à l'appel des militants qui se sont dits "confiants dans la victoire divine" contre le régime du président Bachar al-Assad.

Au total, 25 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans les violences de vendredi, selon l'OSDH.

Se targuant du soutien d'une partie de la population, M. Assad ne reconnaît pas la contestation et affirme combattre des "groupes terroristes". Il a accusé les Occidentaux de soutenir militairement "en sous-main" la rébellion, dans une interview diffusée jeudi par la télévision d'Etat iranienne.

Ces derniers jours, les violences se sont rapprochées des centres du pouvoir: une attaque contre une chaîne officielle a fait sept morts mercredi dans le centre de Damas, où un attentat à la bombe a fait trois blessés jeudi dans le parking du palais de justice.

Parallèlement, des troupes syriennes se sont massées vendredi à 15 km de la frontière avec la Turquie, a affirmé à l'AFP un haut responsable rebelle: "Il s'agit d'une démonstration de force face aux Turcs qui ont renforcé leur présence à la frontière avec la Syrie" après l'incident de l'avion.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères a assuré qu'"il n'y a pas d'intentions hostiles de la part de la Syrie".

La veille, des médias turcs avaient affirmé qu'Ankara avait envoyé des véhicules militaires et une batterie de missiles sol-air à la frontière syrienne, après la perte d'un de ses avions de combat abattu par la Syrie.

A la suite de cet incident, la Turquie choisira prochainement un système de missiles anti-aériens et anti-missiles de longue portée, a-t-on appris vendredi de sources diplomatique et médiatique.

Sur le front diplomatique, le ministère russe des Affaires étrangères a dit considérer la réunion cruciale sur la Syrie samedi à Genève comme un "pas positif" en vue d'un "consensus international", alors que cette rencontre semblait menacée par les objections de Moscou au plan de Kofi Annan.

"Nous voyons la réunion de Genève comme un pas positif dans la recherche de bases pour aboutir à un possible consensus international en vue de la régularisation de la situation en Syrie", a déclaré le ministère avant une rencontre prévue en soirée à Saint-Pétersbourg entre M. Lavrov et Mme Clinton.

La réunion de Genève doit se tenir en présence des chefs de la diplomatie des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et de trois Etats arabes, ainsi que des secrétaires généraux de l'ONU et de la Ligue arabe.

Mais Moscou, principal allié du régime Assad, avait prévenu qu'il n'y avait pas d'accord final sur le plan Annan et maintenu son refus de toute solution imposée par l'étranger.

Pour tenter de sauver la réunion, Kofi Annan a convoqué vendredi une réunion préparatoire de hauts fonctionnaires des cinq principales puissances et s'est entretenu avec leurs ministres des Affaires étrangères.

Selon un diplomate, la tenue de la conférence dépend désormais surtout des entretiens entre les chefs de la diplomatie américaine et russe.

Dans un document préparatoire dont l'AFP a obtenu une copie, M. Annan préconise des étapes "claires et irréversibles" vers une transition démocratique en Syrie, dont un "gouvernement provisoire d'union nationale".

Ceux dont la présence "pourrait nuire à la crédibilité de la transition et mettre en danger la stabilité et la réconciliation" seraient exclus de ce gouvernement d'union, ajoute le texte sans plus de précision.

Selon des diplomates, cette clause pourrait impliquer un départ du pouvoir du président Assad, que l'opposition syrienne considère comme une condition préalable à tout dialogue.

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