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Mauritanie: des anti-esclavagistes "en détention abusive" selon leurs avocats

29/06/2012 01:24 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

Sept membres d'une ONG anti-esclavagiste de Mauritanie emprisonnés depuis début mai après avoir brûlé des livres musulmans justifiant, selon eux, l'esclavage, sont en "détention abusive" de la part du parquet, ont estimé vendredi leurs avocats devant la presse à Nouakchott.

Les sept militants de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) auraient dû être "logiquement" libérés après le rejet de leur dossier mercredi par la Cour criminelle de Nouakchott pour vices de forme, mais ils sont maintenus en prison, rappelle un des avocats Bah Ould M'Bareck.

"Nos clients sont désormais en détention abusive de la part du parquet", a indiqué l'avocat.

Il a dénoncé "l'audition des prévenus par le parquet en l'absence de leurs avocats", un fait qui continue, selon lui, à "bafouer les procédures en vigueur en la matière dans le pays".

Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l'IRA, est accusé avec six membres de son organisation d'avoir ordonné et organisé l'autodafé le 27 avril d'ouvrages de référence de sciences islamiques, reprochant à leurs auteurs d'avoir justifié la pratique de l'esclavage en Mauritanie au nom de l'islam.

M. Ould Abeid, qui avait été le seul interrogé à l'ouverture du procès, avait plaidé non coupable et avait rejeté les principaux chefs d'inculpation qui lui sont reprochés: "flagrant délit d'actes et de paroles conduisant à l'apostasie", "atteinte aux valeurs fondamentales de la société pour des objectifs racistes et ethniques", "direction d'une organisation non-autorisée" et "résistance à la force publique".

Ce descendant d'esclaves avait, début juin, "regretté la mauvaise compréhension" de son acte et présenté ses "excuses au peuple mauritanien et aux peuples musulmans".

L'IRA a dénoncé ces derniers mois plusieurs cas d'esclavage en Mauritanie, où cette pratique n'est officiellement interdite que depuis 1981. Depuis 2007, l'esclavage y est reconnu comme un crime et ses auteurs sont passibles de dix ans de prison.

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