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Les donateurs doivent demander à Kigali d'arrêter l'aide aux rebelles en RDC (Global Witness)

29/06/2012 11:44 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

Les donateurs doivent amener le gouvernement rwandais à s'expliquer sur son soutien présumé aux groupes armés qui interviennent en République démocratique du Congo (RDC) voisine du Rwanda, a déclaré vendredi l'organisation Global Witness.

"Les deux principaux donateurs du Rwanda, le Royaume uni et les Etats-Unis, doivent user de leur influence pour que Kigali cesse de soutenir les groupes armés opérant en RDC", a indiqué un communiqué de l'organisation basée à Londres.

"En 2011, le montant des aides (du Royaume Uni et des Etats-Unis) s'est élevé à plus de 350 millions de dollars. Cela leur donne une influence certaine et dans un cas semblable, ils doivent l'utiliser", a estimé Sophia Pickles de Global Witness.

"La vie de milliers de civils congolais en dépend, ainsi que la stabilité dans la région", a-t-elle ajouté.

Kigali a réfuté les accusations d'aide aux mutins ex-rebelles qui s'opposent depuis mai à l'armée congolaise dans le nord-est de la RDC.

Les mutins sont des ex-membres de la rébellion tutsi-congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans les Forces armées de la RDC (FARDC) dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009, dont ils réclament la pleine application. Le CNDP était soutenu par le Rwanda.

Le commandant des rebelles, Bosco Ntaganda, est recherché pour crime de guerre par la Cour pénale internationale (CPI).

Le Conseil de sécurité de l'ONU a publié mardi soir un rapport des experts des sanctions de l'ONU mais toujours pas son annexe, que l'AFP s'est procurée et dans laquelle ils affirment que des hauts gradés de l'armée rwandaise, "dans l'exercice de leurs fonctions officielles, soutiennent les rebelles en leur fournissant des armes, du ravitaillement militaire et de nouvelles recrues".

Kigali a rejeté ce rapport par la voix de la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, qui l'a qualifié de "document préliminaire partial fondé sur des conclusions partielles" qui "doit encore être vérifié".

Le Rwanda a envoyé par deux fois des troupes en RDC pour chasser les rebelles hutus rwandais.

Kigali a été également accusée d'exploiter les richesses minières de la RDC. Depuis le retrait de ses troupes, Kigali a soutenu plusieurs groupes armés en RDC.

"Le général Ntaganda a personnellement gagné des millions de dollars dans la contrebande de coltan, étain et autres minerais congolais en leur faisant passer la frontière vers le Rwanda à partir de sa maison de Goma", affirme le groupe. "Ils apparaissaient ensuite comme des minerais rwandais", ajoute Global Witness, affirmant que les autorités rwandaises fermaient les yeux sur ce trafic.

"L'un des aspects les plus inquiétants contenu dans l'annexe du rapport de l'ONU est le soutien accordé par des membres du gouvernement rwandais aux rebelles du M23" (Mouvement du 23 mars, dont se revendiquent les mutins), indique Global Witness.

Parmi les noms cités dans l'annexe du rapport figurent ceux du ministre rwandais de la Défense, le général James Kabarebe, du chef d'état-major des armées, le général Charles Kayonga, et aussi du général Jack Nziza, secrétaire permanent du ministre de la Défense et ancien patron du DMI (Department of Military Intelligence), les services de renseignements militaires.

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