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Le gouvernement haïtien veut déplacer les résidants de deux bidonvilles

29/06/2012 08:05 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Le gouvernement haïtien envisage de reloger plusieurs centaines de personnes qui vivent dans deux bidonvilles de Port-au-Prince vulnérables aux inondations vers une plaine aride située au nord-ouest de la capitale, ont annoncé les autorités vendredi.

Le responsable du projet, le ministre de l'Environnement Joseph Ronald Toussaint, a déclaré à une radio haïtienne que jusqu'à 200 maisons étaient déjà disponibles dans le secteur de Morne Cabrit. Ce n'est pas suffisant pour reloger toutes les personnes menacées par les inondations, mais M. Toussaint a indiqué qu'il tentait de trouver une solution pour les autres.

«Ce projet vise à sauver des vies», a-t-il déclaré à un reporter de Radio Vision 2000.

Cet effort de protection contre les inondations, qui vise à démolir environ 450 maisons pour construire des canaux et reboiser les collines qui entourent la capitale, a mis en colère certains résidants des deux gigantesques bidonvilles du secteur, qui affirment n'avoir nulle part d'autre où aller.

Lundi, environ un millier de personnes ont manifesté contre ce projet et contre le président Michel Martelly, à qui ils reprochent de ne pas avoir respecté sa promesse de construire des maisons après le séisme de 2010. Le rassemblement a été généralement pacifique, mais certains manifestants ont lancé des pierres sur les policiers, les passants et les voitures.

Un nombre indéterminé de résidants des bidonvilles de Morne l'Hôpital et de Jalousie, d'où provenaient les manifestants, sont des sinistrés déplacés par le séisme.

Le président Martelly a affirmé qu'il appuyait l'idée de reloger les gens qui vivent dans les bidonvilles à flanc de colline parce que leur vie est en danger, mais il a affirmé qu'il n'était pas au courant des projets de son ministre, selon un journal haïtien.

«Je n'ai peut-être pas été mis au courant de cette décision», a-t-il déclaré au journal «Le Nouvelliste».

Malgré la promesse d'un nouveau logement, Donald Joseph, un résidant de Morne l'Hôpital, n'a pas l'intention de quitter la capitale.

«Ce ne sera pas bon pour moi et ma famille de déménager à Morne Cabrit», a dit ce charpentier âgé de 43 ans. «Morne Cabrit est un désert, d'après ce que je comprends. Je ne prévois pas y emménager. Je n'irai pas.»

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