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Le défi de dégager un consensus international sur une transition en Syrie

29/06/2012 05:57 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan doit réunir samedi à Genève un "groupe d'action sur la Syrie" pour discuter d'un plan de transition politique mais les objections de la Russie pourraient faire planer un doute sur la réunion jusqu'au dernier moment.  

 Un comité préparatoire de hauts fonctionnaires des pays participants se tient  vendredi à Genève mais la rencontre dans la soirée entre les chefs de la diplomatie américaine et russe, Hillary Clinton et Sergueï Lavrov à Saint-Petersbourg parait déterminante. 

Plusieurs ministres des Affaires étrangères, dont ceux des Etats-Unis, de France et du Royaume-Uni, ont menacé de ne pas se rendre à Genève si la réunion risquait de ne pas aboutir à l'adoption de ce plan. "De sérieuses menaces pèsent désormais sur la réunion de Genève", a déclaré jeudi à l'ONU à New York un diplomate sous couvert d'anonymat.

"Il est très important que la réunion de Genève aboutisse à un résultat. Nous pensions (..) que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité s'étaient mis d'accord en principe sur le plan (de transition) mais les déclarations des Russes depuis 24 heures semblent remettre cela en question", a-t-il ajouté.

La Russie, alliée de Damas, a émis des objections au plan de transition politique proposé par M. Annan. Celui-ci prévoit la mise en place d'un gouvernement provisoire d'union nationale dont pourraient être exclus certains responsables du gouvernement syrien actuel.

L'équipe de Kofi Annan, placée sous pression extrème, reste extrèment discrète pour ne pas nuire aux tractations en cours. 

L'objectif est d'aboutir à une mise en place du plan en six points adopté par le conseil de sécurité en avril et resté depuis lettre morte, avec en premier lieu un arrêt effectif des violences, souligne-t-on de source diplomatique à Genève. Simultanément il faut un accord sur les grandes étapes pour une transition politique qui devra être menée par les Syriens, ajoute cette source. 

Les divergences sont fortes et il y a des questions majeures qui ne sont pas réglées, admet ce diplomate mais il rappelle qu'il n'existe à ce jour "rien d'autre sur la table" que ce plan pour mettre fin à 15 mois de violences qui ont fait plus de 15.000 morts. 

Le document proposé par Kofi Annan en prévision de Genève précise que le gouvernement de transition pourrait inclure des membres du gouvernement actuel et de l'opposition mais qu'en seraient exclus ceux dont la présence "pourrait nuire à la crédibilité de la transition et mettre en danger la stabilité et la réconciliation".

Certains diplomates avaient d'abord suggéré que cette clause pourrait impliquer un départ du pouvoir du président Bachar al-Assad et que la Russie n'y serait plus opposée. Mais Sergueï Lavrov a affirmé jeudi que la Russie n'accepterait aucune "recette imposée de l'extérieur" et qu'il "n'y avait pas de projet approuvé" pour la conférence de Genève.

"Pour nous", explique un diplomate occidental, "le document Annan doit être le point d'arrivée des discussions à Genève et ne doit pas subir de changement substantiel alors que les Russes le considèrent comme un point de départ". 

Arrêter les violences créerait une dynamique, à la fois sur le terrain et dans le processus politique veut-on croire à Genève en pensant que le poids des cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus la Ligue arabe -à condition qu'ils se mettent d'accord- serait déterminant pour faire évoluer les positions des protagonistes, non invités "à ce stade" à Genève. 

Pour le moment le président Assad s'en tient à accuser les Occidentaux de soutenir militairement "en sous-main" la rébellion en Syrie, dans une interview diffusée jeudi par la télévision iranienne tout en réaffirmant toujours soutenir le plan Annan. 

La principale coalition de l'opposition syrienne a annoncé jeudi son refus de participer à tout gouvernement avant le départ du président Assad. "La position constante (de l'opposition) est qu'elle refuse de participer à tout projet politique tant que Assad n'a pas été chassé du pouvoir", a indiqué à l'AFP Georges Sabra, porte-parole du Conseil national syrien (CNS).

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