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L'économie sud-africaine doit opérer un "changement radical" (Zuma)

29/06/2012 02:23 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

Le président sud-africain Jacob Zuma a de nouveau martelé vendredi l'urgence d'un "changement radical" dans la politique économique du pays, afin de sortir des millions de gens de la pauvreté et du chômage, dans son discours de clôture d'une conférence nationale de l'ANC.

"En dépit des progrès que nous avons fait pour transformer notre pays dans beaucoup de domaines, le triple défi de la pauvreté, de l'inégalité et du chômage persiste. Et cela affecte principalement la majorité noire, les femmes et les jeunes", a lancé le chef de l'Etat, à l'issue d'une conférence de quatre jours réunissant à Johannesburg près de 3.500 délégués du parti au pouvoir.

"La conférence, a-t-il noté, a admis et réaffirmé que, malgré des réussites majeures, l'héritage structurel du colonialisme (...) reste profondément ancré. Ceci se reflète dans les structures et le caractère colonial, raciste et sexiste de notre économie".

L'ANC utilise le terme de colonialisme pour se référer à la période d'avant 1994, lorsque la minorité blanche disposait de tous les pouvoirs et avait imposé la politique de l'apartheid qui faisait des Noirs des sous-citoyens dans leur propre pays.

M. Zuma, en ouvrant la conférence mardi, avait dénoncé le fait que, 18 ans après la chute de l'apartheid, le contrôle de l'économie nationale était toujours aux mains des "mâles blancs".

Il a noté par exemple que, si les Noirs représentaient en 2011 86% des salariés du pays, ils n'étaient que 16,9% dans les hautes sphères de décision.

"C'est pourquoi, s'est-il félicité, la conférence a retenu la nécessité d'un programme de transformation économique et sociale radicale".

"L'ANC, a lancé le président, appelle tous les Sud-Africains à prendre conscience que, si nous ne traitons pas de façon décisive la question des inégalités raciales, de la pauvreté et du chômage, notre démocratie (...) sera en grand danger".

Au pouvoir sans discontinuer depuis la chute de l'apartheid en 1994, l'ANC n'a jamais perdu une élection nationale, mais commence à sentir le vent de la critique, pour n'avoir pas réussi à tenir assez vite les promesses faites lors de l'avènement de la démocratie.

M. Zuma a répété que le système de redistribution des terres aux fermiers noirs, sur la base "libre acheteur - libre vendeur" n'avait pas fonctionné, et a implicitement appelé à des expropriations avec dédommagements.

Il a également répété que les profits de l'industrie minière, la principale richesse naturelle d'Afrique du sud, devraient davantage profiter à la collectivité nationale.

"L'Etat devrait s'approprier une part équitable des revenus du secteur minéral, et les réinvestir dans l'intérêt d'une croissance à long terme et du développement", a-t-il plaidé.

sn-cpb/aub

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