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L'économie canadienne fait un bond marqué, mais ce pourrait n'être qu'un sursaut

29/06/2012 08:45 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - L'économie canadienne a connu un élan étonnamment vigoureux de 0,3 pour cent en avril, première fois de l'année que la croissance dépasse un taux annualisé de deux pour cent.

Les économistes s'attendaient à une hausse modeste de 0,2 pour cent en avril à la suite d'un début d'année difficile correspondant à une croissance annualisée de 1,9 pour cent pour le premier trimestre, soit beaucoup moindre que le 2,5 pour cent anticipé par la Banque du Canada.

Des analystes ont toutefois souligné que la progression du produit intérieur brut réel pour avril, bien qu'elle soit plus importante que ce que les économistes du secteur privé avaient prévu, était en partie attribuable à des facteurs temporaires et non au retour d'une croissance économique forte.

Selon Sonya Gulati, économiste principale pour la Banque TD, le gain d'avril dévoilé vendredi s'explique notamment par la reprise des activités dans les secteurs minier, pétrolier et gazier après des problèmes d'entretien et de production en février et en mars.

L'extraction dans les domaines des mines, du pétrole et du gaz a fait un bond de 2,7 pour cent en avril après avoir baissé de 2,0 pour cent en février et de 1,1 pour cent en mars.

Les résultats d'autres secteurs étaient par contre moins impressionnants, voire même décourageants.

«Toutefois, en raison des facteurs temporaires présents ici, cette croissance hors de l'ordinaire dans ce secteur particulier ne se répètera probablement pas dans les mois qui viennent», a déclaré Mme Gulati.

Jimmy Jean de Desjardins Marché des capitaux a souligné que le déclin de 0,8 pour cent dans le commerce de détail était le plus important depuis un an et le troisième recul mensuel pour ce volet de l'économie dans la présente année.

Étant donné que la consommation des ménages est demeurée élevée tout au long de la récession et de la reprise, cette baisse semble signaler que les acheteurs canadiens seront plus prudents dans le futur.

«De manière générale, le rapport est moins spectaculaire que son titre», a commenté M. Jean, avant de reconnaître que cette nouvelle lui fera peut-être revoir à la hausse sa prédiction d'une mince croissance de 1,5 pour cent pour le deuxième trimestre, qui se termine le 30 juin.

D'autres analystes ont prédit que le trimestre était sur la bonne voie pour surpasser légèrement les deux pour cent.

Autre nouvelle encourageante: le Conference Board du Canada a annoncé que son indice de l'offre d'emploi avait gagné 1,1 point de pourcentage en mai, ce qui augure bien pour les futures embauches.

Globalement, l'économie canadienne a cependant moins bien performé que prévu durant la première moitié de l'année, entre autres à cause de facteurs extérieurs comme la crise de la dette en Europe, une reprise plus lente aux États-Unis et les économies émergentes, plus particulièrement la Chine.

Plusieurs organismes de prévisions économiques ont récemment modéré les attentes pour la croissance, l'établissant à environ 2 pour cent en 2012. Certains croient qu'elle sera encore plus faible en 2013.

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