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La police du Sri Lanka arrête des journalistes d'un site d'informations

29/06/2012 04:28 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

COLOMBO, Sri Lanka - La police sri-lankaise a arrêté neuf journalistes et saisi des ordinateurs et des documents provenant des bureaux d'un média web indépendant, a annoncé vendredi un groupe de défense des droits des médias, dans l'un des pays les plus dangereux pour la liberté de presse.

Les autorités ont dit posséder un mandat pour agir contre le site Internet www.srilankamirror.com, mais n'ont pas expliqué les raisons des arrestations, a déclaré Gnanasiri Kottigoda, le président de la Sri Lanka Working Journalists Association, un groupe local de défense des droits des reporters.

Le site fait partie d'un groupe de cinq pages web bloquées l'an passé par le gouvernement, un geste critiqué à l'échelle internationale parce qu'il violait la liberté de presse. Une entente en cour a permis de restaurer l'accès au Sri Lanka Mirror un mois plus tard.

Selon M. Kottigoda, les actions menées vendredi par la police démontrent clairement que «le gouvernement n'a pas cessé sa campagne pour harceler et intimider les institutions médiatiques indépendantes et les journalistes au Sri Lanka».

Plus d'une dizaine de policiers ont encerclé le bureau situé à Kotte, en banlieue de la capitale Colombo, et fouillé l'endroit pendant environ trois heures, ont dit M. Kottigoda et un témoin qui a tenu à demeurer anonyme.

Les autorités auraient saisi des ordinateurs et des documents, en plus d'emmener les neufs journalistes, y compris le rédacteur en chef du site Internet et quatre femmes, dans des véhicules de police, ont-ils rapporté.

Un porte-parole de la police n'a pas répondu à des demandes de commentaires, vendredi.

Au dire de M. Kottigoda, même si le site publiait de fausses informations ou des propos diffamatoires, le Sri Lanka a toujours l'option de les poursuivre en justice et de les punir. En choisissant plutôt d'effectuer des raids contre les médias indépendants avec l'aide de la police, le pays agit de façon inacceptable, ajoute-t-il.

«Nous voyons cela comme une action destinée à faire taire les médias indépendants au Sri Lanka», a-t-il déclaré.

L'an dernier, les autorités ont bloqué www.srilankamirror.com et quatre autres sites Internet en lien avec des présumés propos diffamatoires d'un individu, et ce blocage est encore actif pour les quatre autres portails.

Après que le Mirror eut déposé un dossier auprès de la Cour suprême, l'Agence sri-lankaise de réglementation des télécommunications a accepté de débloquer le site Internet, à condition que celui-ci ne publie pas de liens vers des sites bloqués ou non-enregistrés.

Selon le Comité pour la protection des journalistes, le Sri Lanka était le quatrième pays le plus dangereux pour les journalistes en 2010.

Du côté d'Amnistie internationale, on précise qu'au moins 14 Sri-Lankais travaillant pour des médias ont été tués depuis le début de 2006.

Les groupes de défense des droits des médias blâment le gouvernement pour son incapacité à enquêter sérieusement sur des cas de plusieurs attaques contre des journalistes et des médias, et à arrêter les coupables.

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