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La police disperse des centaines de manifestants à Khartoum (témoin)

29/06/2012 10:56 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

La police a dispersé vendredi à Khartoum à coups de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes des centaines de manifestants qui réclamaient notamment la chute du président Omar el-Béchir, ont rapporté des témoins, au 14e jour d'un mouvement de contestation inédit.

La police a fait état de milliers de manifestants et d'un blessé.

Rassemblés près de la mosquée où est basé le parti d'opposition Umma, les manifestants ont brandi des drapeaux soudanais et des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Le peuple veut la chute du régime", un slogan utilisé dans plusieurs pays lors des mobilisations du Printemps arabe, a indiqué un témoin.

Après les tirs de gaz lacrymogènes et un nombre non déterminé d'arrestations, les manifestants ont brûlé des pneus et jeté des pierres sur les policiers avant de se disperser, selon le témoin.

Des incidents similaires entre la police et les manifestants se sont produits dans le quartier de Bahri à Khartoum, où les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, a-t-on ajouté de même source.

Des militants ont appelé à de grandes manifestations vendredi et samedi, jour du 23e anniversaire du coup d'Etat qui a porté Omar el-Béchir au pouvoir.

Les organisations de défense des droits de l'Homme ont fait état de nombreuses arrestations depuis le début le 16 juin du mouvement de contestation lancé par des étudiants contre la hausse des prix des denrées alimentaires.

Parmi les personnes arrêtées vendredi figure un journaliste soudanais, Talal Saad, qui avait pris des photos des manifestations pour l'AFP à Khartoum. Des agents armés des services de sécurité ont perquisitionné les locaux de l'agence, ordonné la destruction des photos et arrêté M. Saad.

Le mouvement de contestation s'est intensifié après l'annonce d'un vaste plan d'austérité comprenant des hausses d'impôts et l'abandon des subventions aux carburants, dont les prix ont subitement grimpé de 50% dans un pays déjà touché par une très forte inflation.

Dans de nombreux quartiers de la capitale et plusieurs villes du pays, des petites manifestations sporadiques se sont multipliées. Selon des militants, au moins 10.000 personnes au total ont manifesté pendant les 10 premiers jours du mouvement dans l'agglomération de Khartoum.

Le plus souvent, les manifestations rassemblent 100 à 200 personnes qui brûlent des pneus, lancent des pierres et bloquent la circulation en réclamant une baisse des prix et la chute de M. Béchir, avant d'être violemment dispersés par les forces de l'ordre.

Le président Béchir affirme pour sa part que les manifestants sont manipulés et assure que le mouvement reste très limité.

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