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Extradition controversée de Mahmoudi: Jebali appelle à "respecter la Libye"

29/06/2012 01:28 EDT | Actualisé 29/08/2012 05:12 EDT

Le chef du gouvernement tunisien Hamadi Jebali a fustigé vendredi "le mépris" de ceux qui accusent la Libye de "ne pas respecter les droits de l'homme", en justifiant devant l'Assemblée constituante sa décision d'extrader l'ex-Premier ministre libyen Mahmoudi.

"Il ne convient pas à la Tunisie révolutionnaire d'accuser avec mépris la Libye et le peuple libyen, qui s'est débarrassé d'un dictateur, de ne pas respecter les droits de l'homme", a martelé M. Jebali.

"Ce n'est pas à nous de donner des leçons aux autres. J'invite tout le monde à respecter la Libye", a-t-il lancé. "En mon nom propre et en ma qualité de chef de gouvernement, je m'adresse aux Libyens pour présenter mes excuses", a poursuivi le Premier ministre.

M. Jebali est venu justifier devant l'Assemblée nationale constituante l'extradition très controversée de l'ancien Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, livré le 24 juin dernier à Tripoli après avoir été incarcéré neuf mois en Tunisie.

Cette extradition a été vivement contestée par plusieurs organisations locales et internationales de défense des droits de l'homme, ainsi que par des personnalités d'opposition, qui estiment qu'elle viole les principes de droit international et humanitaire et que la Libye n'offre pas les garanties d'un procès équitable.

"Nous avons extradé M. Mahmoudi après avoir eu des garanties écrites, verbales, judiciaires d'un procès équitable", a répété M. Jebali.

"La présence de Mahmoudi constituait un danger sécuritaire pour la Tunisie et portait atteinte à nos intérêts stratégiques", a également affirmé le chef du gouvernement tunisien.

"La Tunisie ne doit pas avoir de problèmes avec ses voisins. Nous appelons à mettre au premier plan l'intérêt de notre peuple et notre pays", a-t-il lancé.

L'extradition de M. Mahmoudi, Premier ministre jusqu'aux derniers jours du régime Kadhafi et inculpé à Tripoli "pour avoir commis des crimes contre le peuple libyen", a également provoqué une crise au sommet de l'Etat tunisien, la présidence affirmant n'en avoir pas été avertie.

"Le gouvernement a signé l'ordre d'extradition le 22 juin (soit l'avant-veille du transfert de M. Mahmoudi en Libye, ndlr). J'ai informé par écrit le président Marzouki, le président de l'Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar et les membres du gouvernement le jour de l'extradition", a déclaré M. Jebali. "Mais je ne veux pas entrer dans des débats stériles sur l'heure" à laquelle ils ont été informés, avant ou après l'extradition, qui s'est déroulée à 05H00 du matin le 24 juin.

kl-cf/aub

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