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Tombouctou, illustre cité-carrefour historique en plein désert

28/06/2012 08:58 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

La ville malienne de Tombouctou, inscrite jeudi sur la liste du patrimoine mondial en péril par l'Unesco à la demande du gouvernement malien, fut un grand centre intellectuel de l'islam à la lisière du Sahara.

Située à environ 1.000 km au nord de Bamako, cette ville au milieu des dunes de sables est contrôlée depuis le 1er avril par des groupes armés, dont des jihadistes.

Surnommée "la cité des 333 saints" ou plus banalement "la perle du désert", inscrite au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1988, elle a été un haut-lieu du tourisme mais était déjà très affectée par la présence dans le nord malien d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Elle était pour cette raison classée dans la zone à risques où il est fortement déconseillé de se rendre par la plupart des chancelleries occidentales.

Selon des chiffres officiels de 2009, la ville comptait près de 125.000 habitants. Aujourd'hui, impossible d'estimer sa population, les activités des groupes armés ayant poussé de nombreux Tombouctiens à se réfugier ailleurs au Mali ou à l'étranger.

La cité a été fondée entre le XIe et le XIIe siècle, selon les documents, par des tribus touareg. Tombouctou est également célèbre pour ses dizaines de milliers de manuscrits, dont certains remontent au XIIe siècle, et d'autres de l'ère pré-islamique. Ils sont pour la plupart détenus comme des trésors par les grandes familles de la ville.

Avant la chute de Tombouctou aux mains des groupes armés, environ 30.000 de ces manuscrits étaient conservés à l'Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba (Ihediab, ex-Centre de documentation et de recherches Ahmed Baba), fondé en 1973 par le gouvernement malien.

Des bureaux de l'Ihediab ont été saccagés plusieurs fois en avril par des hommes en armes, mais les manuscrits n'ont pas été affectés. Par mesure de sécurité, ils ont été transférés vers un lieu "plus sécurisé", selon des défenseurs maliens de ce patrimoine.

Dans une déclaration commune diffusée le 18 juin, les bibliothèques de Tombouctou affirment qu'aucun détenteur de manuscrit n'a été menacé, mais soulignent que la présence des groupes armés les "met en danger".

En plus de la ville de Tombouctou, l'Unesco a aussi inscrit jeudi sur la liste du patrimoine mondial en péril le Tombeau des Askia, un site édifié en 1495 dans la région de Gao (nord-est), autre zone sous contrôle de groupes armés depuis fin mars.

Des combats, qui ont fait au moins 20 morts, ont opposé mercredi à Gao des combattants touareg et des islamistes. Ces derniers en ont pris le contrôle total, selon de nombreux témoins.

bur-cs/stb/hba

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