NOUVELLES

Syrie: la réunion de Genève menacée par des objections russes (diplomates)

28/06/2012 08:00 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan se démenait jeudi pour assurer la tenue de la réunion ministérielle sur la Syrie prévue samedi à Genève et menacée par des objections russes à son plan de transition politique, ont indiqué des diplomates à l'ONU.

Plusieurs ministres des Affaires étrangères, dont ceux des Etats-Unis, de France et du Royaume-Uni, ont menacé de ne pas se rendre à Genève si la réunion risquait de ne pas aboutir à l'adoption de ce plan. "De sérieuses menaces pèsent désormais sur la réunion de Genève", a déclaré un diplomate sous couvert d'anonymat.

"Il est très important que la réunion de Genève aboutisse à un résultat. Nous pensions (..) que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité s'étaient mis d'accord en principe sur le plan (de transition) mais les déclarations des Russes depuis 24 heures semblent remettre cela en question", a-t-il ajouté.

La Russie, alliée de Damas, a émis des objections au plan de transition politique proposé par M. Annan. Celui-ci prévoit la mise en place d'un gouvernement provisoire d'union nationale dont pourraient être exclus certains responsables du gouvernement syrien actuel.

Pour tenter de sauver la réunion ministérielle de samedi, Kofi Annan a convoqué pour vendredi une réunion préparatoire de hauts fonctionnaires des principales puissances (Russie, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine) et s'est entretenu avec les chefs de la diplomatie de ces cinq pays.

"Il s'efforce de trouver une solution avec les Russes", a ajouté le même diplomate.

"La Russie a dans un premier temps donné son accord", explique-t-il. Mais depuis la convocation de la conférence, "nous avons l'impression qu'ils reviennent sur leur position, ce qui est très regrettable et pourrait remettre en cause la conférence".

Un autre diplomate a estimé que la tenue de la conférence ministérielle dépendait désormais surtout des entretiens prévus vendredi à Saint-Pétersbourg entre les chefs de la diplomatie américaine et russe, Hillary Clinton et Sergueï Lavrov. "Il est vraisembable que Clinton et Lavrov ne pourront pas se séparer sur un constat d'échec", a-t-il jugé.

Le document proposé par Kofi Annan en prévision de Genève précise que le gouvernement de transition pourrait inclure des membres du gouvernement actuel et de l'opposition mais qu'en seraient exclus ceux dont la présence "pourrait nuire à la crédibilité de la transition et mettre en danger la stabilité et la réconciliation".

Certains diplomates avaient d'abord suggéré que cette clause pourrait impliquer un départ du pouvoir du président Bachar al-Assad et que la Russie n'y serait plus opposée. Mais Sergueï Lavrov a affirmé jeudi que la Russie n'accepterait aucune "recette imposée de l'extérieur" et qu'il "n'y avait pas de projet approuvé" pour la conférence de Genève.

"Pour nous", explique un diplomate occidental, "le document Annan doit être le point d'arrivée des discussions à Genève et ne doit pas subir de changement substantiel alors que les Russes le considèrent comme un point de départ". "Les Russes font de plus en plus de rétropédalage", ajoute-t-il.

avz/mdm

PLUS:afp