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Répression sans répit et nouvel attentat à Damas avant la réunion de Genève

28/06/2012 08:20 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

Les violences faisaient rage jeudi en Syrie avec une répression sans répit de la révolte et un nouvel attentat à Damas, à deux jours d'une réunion internationale sur le conflit qui s'annonce difficile vu le refus persistant de Moscou de toute solution extérieure.

Parallèlement, après la perte d'un de ses avions de combat abattu par la Syrie, la Turquie a envoyé un convoi de véhicules militaires et une batterie de missiles sol-air à la frontière syrienne, selon les médias turcs.

La Turquie agira "avec détermination" et "dans le cadre de la loi internationale" dans l'affaire de l'avion abattu par l'armée syrienne, a déclaré le Conseil national de sécurité turc.

Dans le centre de Damas, au lendemain d'une attaque contre une chaîne officielle près de la capitale dans laquelle sept personnes ont péri, un attentat à la bombe a été commis dans le parking du Palais de justice faisant trois blessés, ont annoncé les médias d'Etat en accusant des "terroristes".

Après ce nouvel attentat, les Etats-Unis ont estimé que le président syrien Bachar al-Assad était le principal responsable des violences dans son pays.

Les bombardements des troupes du régime et les combats intensifs entre soldats et rebelles ont fait jeudi au moins 91 morts, dont 59 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Mercredi, 149 personnes ont péri dans l'une des journées les plus sanglantes depuis le début le 15 mars 2011 de la contestation contre le régime.

Les pilonnages se concentrent sur les bastions rebelles de Homs (centre), Deir Ezzor (est), Douma près de Damas, Idleb (nord-ouest), défendus farouchement par les insurgés, alors que la situation humanitaire y est dramatique, selon les militants.

Les agences humanitaires de l'ONU et les ONG partenaires ont lancé un nouvel appel urgent pour augmenter les fonds destinés à l'aide aux réfugiés syriens au Liban, en Turquie, en Jordanie et en Irak. Ils sont estimés à 155 millions d'euros.

Depuis mars, 500 nouveaux réfugiés sont enregistrés chaque jour, ce qui porte aujourd'hui, selon le HCR, le nombre de personnes assistées à 96.000.

De son côté, une source au ministère des Affaires étrangères syrien, citée par l'agence Sana, a accusé les "groupes terroristes armés" de faire échouer la "cinquième tentative d'évacuation des blessés, malades, et enfants" de Homs (centre).

"Le gouvernement syrien a offert au CICR et au Croissant rouge syrien toutes les facilités pour leur évacuation, mais (...) les groupes terroristes armés ont informé le CICR de leur refus de permettre la sortie d'une seule personne des zones qu'ils contrôlent", selon Sana.

Se targuant du soutien d'une partie de la population, le régime Assad ne reconnaît pas la contestation et affirme combattre des "groupes terroristes" à la solde de l'étranger.

Selon Sana, le Parlement a d'ailleurs entériné un projet de loi qui stipule que "tout employé dans le secteur public sera renvoyé et privé de son salaire et sa pension (retraite), s'il est reconnu coupable d'acte terroriste" ou de complicité.

C'est dans ce contexte qu'une réunion du "Groupe d'action" sur la Syrie, à l'initiative de l'émissaire international Kofi Annan, se tiendra samedi à Genève en présence des chefs de la diplomatie des grandes puissances (Russie, Chine, Etats-Unis, Royaume uni, France) et de trois Etats arabes, ainsi que des secrétaires généraux de l'ONU et de la Ligue arabe.

Une réunion préparatoire au niveau de hauts fonctionnaires se tiendra vendredi à Genève.

Dans un document en vue de la réunion dont l'AFP a obtenu une copie, M. Annan préconise des étapes "claires et irréversibles" vers une transition démocratique en Syrie, dont un "gouvernement provisoire d'union nationale".

En seraient exclus ceux dont la présence "pourrait nuire à la crédibilité de la transition et mettre en danger la stabilité et la réconciliation", ajoute le texte. Cette clause pourrait impliquer un départ du pouvoir du président Assad, ont suggéré des diplomates.

Mais Moscou, principal allié du régime Assad, a dit qu'il n'y avait pas d'accord final sur ce plan de transition et maintenu sa position de refus de toute solution imposée de l'étranger, notamment en ce qui concerne le sort de M. Assad.

"La Russie ne peut soutenir et ne soutiendra pas une quelconque recette imposée de l'extérieur", a martelé son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, à la veille d'une réunion à Saint-Pétersbourg avec son homologue américaine Hillary Clinton qui a apporté son soutien à "la feuille de route" de M. Annan.

M. Lavrov, qui s'est également entretenu avec M. Annan sur la réunion, a déploré l'absence de l'Iran, proche allié de Damas et bête noire des Occidentaux, à Genève et réaffirmé que le sort de M. Assad doit être décidé par un dialogue national.

M. Assad a accusé les Occidentaux et certains pays arabes de soutenir militairement "en sous-main" la rébellion armée en Syrie, dans une interview diffusée jeudi par la télévision d'Etat iranienne.

Il a revanche affirmé qu'il soutenait toujours le plan Annan pour ramener le calme en Syrie.

Le Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition, a quant à lui annoncé son refus de participer à tout gouvernement avant le départ de M. Assad et a annoncé une réunion le 2 juillet au Caire de l'ensemble de l'opposition.

Plus de 15.800 personnes, en majorité des civils, ont été tuées en 15 mois.

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