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Réforme de la santé: larmes de joie et visages fermés devant la Cour suprême

28/06/2012 12:21 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

Quand la décision est tombée, Robyn Martin s'est mise à pleurer : elle est "ravie", son petit Jax sera mieux soigné, assure-t-elle, grâce à la réforme de la santé du président Barack Obama. A quelques mètres, des étudiants antiavortement, visage fermé, sont "tristes".

"Je suis ravie, absolument heureuse", lance à l'AFP la jeune femme de 37 ans. "C'est un jour formidable", ajoute-t-elle, après avoir appris que la haute Cour avait approuvé dans son principe la grande réforme du mandat d'Obama.

Son fils de 10 mois, né avec une grave malformation cardiaque, "ne se verra pas dénier une assurance à cause de ses antécédents médicaux, il n'y aura pas de plafond de dépenses et je vais pouvoir garder mes trois enfants sur mon assurance jusqu'à ce qu'ils aient 26 ans", explique-t-elle.

A côté d'elle, devant les marches de la très solennelle Cour suprême, immense temple à colonnes blanches, ils étaient des centaines, peut-être un millier, à attendre jeudi matin la décision de la cour sous un soleil de plomb.

Des dizaines de personnes, jeunes ou vieilles, pour ou contre la réforme, tournent en rond avec leurs pancartes qu'elles tentent de brandir devant une forêt de caméras. Toutes scrutent leurs smartphones où la décision, complexe à décoder, tombe peu à peu.

Une clameur s'élève. Des pancartes "Nous aimons Obamacare" s'élèvent, mais aussi celles antiréforme qui proclament: "L'avortement ne fait pas partie des soins".

"Obamacare" est une expression qui désigne la réforme de la santé ("Healthcare") de Barack Obama, utilisée initialement par ses adversaires puis finalement reprise par ses partisans.

"C'est un grand jour pour l'Amérique", dit Kurt Miller, qui vient du Michigan (nord). "On peut être sûr maintenant que chacun aura une assurance santé", dit ce quadragénaire, brandissant le panneau "Obamacare pour tout le monde".

Joe Psotka, venu du Maryland (est), est tellement "enthousiaste" qu'il en perd sa pancarte. Allen Wang est interne en médecine en Californie (ouest), il est plutôt favorable à la réforme qui "contient pas mal de bonnes choses".

Un peu plus loin, des pupitres sont dressés à la hâte, chacun essaye de se faire entendre. Kristan Hawkins, entourée de pasteurs, est la dirigeante de "Students for life" : "Nous sommes extrêmement tristes de cette décision qui va donner des subventions pour l'avortement", hurle-t-elle dans un mégaphone.

Un peu plus loin, un ancien immigré russe lance : "Je viens de l'Union soviétique", "cette réforme c'est l'esclavage et la tyrannie, c'est une très mauvaise nouvelle, c'est un danger pour notre liberté".

"Je suis consterné, je suis au-delà de la colère", assure Judson Phillips, "ce jour marque le déclin de l'Amérique", ajoute cet habitant de Washington, farouchement attaché à sa liberté individuelle.

Les adversaires de la réforme s'éloignent peu à peu, mais Michele Bachmann, ancienne candidate à l'investiture républicaine pour la Maison Blanche, prend la parole : "la réforme va frapper les plus pauvres", lance l'élue qui ne s'avoue pas vaincue et galvanise ses troupes : "Nous allons voter" en novembre lors de l'élection présidentielle, rappelle-t-elle.

A quelques mètres, trois pasteurs antiavortement, Bible à la main, tombent à genoux, en prières.

ff/sf

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