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News Corp. (Murdoch) se scinde, pour isoler l'audiovisuel de la presse

28/06/2012 11:05 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

Le géant des médias News Corp. a confirmé jeudi qu'il allait se scinder en deux, avec d'un côté la presse et l'édition, de l'autre l'audiovisuel, se disant sous-évalué en Bourse et niant tout lien avec le scandale des écoutes qui plombe le groupe depuis un an.

"Nous pensons que c'est la bonne chose à faire pour l'entreprise à l'avenir", pour pouvoir investir, "avoir plus de flexibilité" et "voir notre valeur reconnue pleinement" par les investisseurs, a argumenté le patron et fondateur de News Corp., Rupert Murdoch, lors d'une conférence d'analystes.

"Nous ne faisons cela en aucune manière en réaction à ce qui se passe en Grande-Bretagne", a-t-il assuré en référence au scandale des écoutes, insistant sur le fait que les dirigeants du groupe réfléchissaient à une scission depuis trois ans.

L'été dernier, les révélations selon lesquelles le tabloïde britannique News of the World avait écouté illégalement les conversations de dizaines de personnes pour avoir des scoops, avaient entraîné la fermeture de cet ex-fleuron de l'empire Murdoch.

Ce scandale a sali la réputation du groupe et mis en péril le projet d'acquisition de la totalité de la chaîne câblée britannique BSkyB, dont News Corp. détient actuellement 39%.

M. Murdoch a souligné que son groupe était devenu "de plus en plus complexe" et qu'il serait "plus facile" à gérer une fois scindé, lui permettant notamment de faire des acquisitions.

Nous avons des "milliards de dollars" à investir, "la Grande-Bretagne n'en a pas voulus. Nous avons de bons endroits où les placer. Je suis bien plus optimiste pour l'Amérique que pour l'Angleterre", a-t-il lancé sur Fox News, une chaîne du groupe, signalant son intention de s'éloigner du pays qui l'a vilipendé depuis un an. Il a ajouté qu'il n'entendait plus racheter la totalité de BSkyB.

Le magnat américano-australien, que l'on disait opposé à une scission, compte présider les conseils d'administration des deux sociétés envisagées.

Il sera PDG de la nouvelle société recentrée sur le cinéma et la télévision et sera assisté de son fidèle lieutenant Chase Carey, qui occupera la fonction de directeur d'exploitation.

De loin la plus importante des deux, cette société devrait générer des ventes de l'ordre de 23,5 milliards de dollars. Elle comprendra le réseau Fox, les studios 20th Century Fox et des réseaux câblés (Sky Italia, BSkyB).

L'activité presse, avec un chiffre d'affaires de 8,8 milliards de dollars, coiffera une pléiade de journaux internationaux, dont le Wall Street Journal et le Times de Londres, l'agence de presse financière Dow Jones et la maison d'édition Harper Collins. Le groupe ne précise pas qui en assurera la direction opérationnelle.

A un analyste qui lui demandait pourquoi il croyait au potentiel de rentabilité d'un groupe dédié uniquement à la presse et l'édition au moment où de nombreux journaux mettent la clé sous la porte, M. Murdoch a réaffirmé sa foi dans les revenus "numériques" provenant de la lecture en ligne et sur les appareils mobiles.

Il a aussi qualifié l'information de "matière première avec le plus de valeur" dans un monde "devenu de plus en plus complexe".

La scission "aiderait Chase Carey à se focaliser sur les actifs de divertissement sans être distrait par le scandale des écoutes", et permettrait notamment d'allouer tous les coûts juridiques liés à l'affaire à la société d'édition seule, a remarqué la maison de courtage Miller Tabak.

Certains analystes ont toutefois exprimé la crainte que les deux groupes perdent en synergies et se fassent concurrence au lieu de partager leurs ressources.

ved/sl/sf

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