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Loi sur la santé: Obama conforté mais la vindicte de ses ennemis redouble

28/06/2012 02:22 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

La plus grande oeuvre législative de Barack Obama a été confirmée jeudi par la Cour suprême, accroissant le prestige du président sortant à quatre mois de la présidentielle américaine, mais la fureur des adversaires de la réforme de la santé pourrait profiter à Mitt Romney.

Deux ans après l'adoption par le Congrès de la loi qui doit fournir une assurance maladie aux millions d'Américains qui en sont dépourvus, la Cour suprême a approuvé dans ses grandes lignes la réforme phare du président, candidat à sa réélection le 6 novembre.

Saluant la décision des juges lors d'une intervention en direct à la télévision, M. Obama a paru nettement soulagé.

"Celui qui avait le plus à perdre, c'était Obama", analyse un ancien conseiller juridique du Sénat, Stephen Ryan. Le verdict de la cour, "en termes de popularité, c'est aussi gros pour lui que l'élimination d'Oussama ben Laden".

Si les neuf juges avaient censuré la loi, les républicains auraient pu accuser le président démocrate d'avoir passé un an et demi à imposer au pays une loi pas même conforme à la Constitution et dont de nombreux Américains, selon les sondages, ne voulaient pas, au lieu de se consacrer à la relance de l'économie.

Avec le verdict de la Cour suprême, Barack Obama peut faire valoir que sa loi a été approuvée par une instance à majorité conservatrice et que ses adversaires qui ont juré d'abolir la loi cherchent à refaire un procès sans fin.

"Politiquement, c'est à l'évidence une victoire pour le président Obama", observe le politologue Christopher Malone, de l'Université Pace à New York.

Une décision qui installe le décor de la présidentielle

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Son rival de la présidentielle, Mitt Romney, a promis s'il est élu d'abroger la loi dès son premier jour à la Maison Blanche. La Chambre des représentants, à majorité républicaine, votera le 11 juillet pour abolir la loi, mais sans grande chance de voir le Sénat, à majorité démocrate, l'imiter.

Mais même Mitt Romney, qui avait promulgué une loi similaire au Massachusetts (nord-est) quand il en était le gouverneur, serait bien obligé d'épargner les dispositions les plus populaires, comme celle qui interdit à un assureur de refuser de couvrir une personne ayant des antécédents médicaux.

En même temps, le verdict de jeudi relance à droite le combat contre l'étatisme, Mitt Romney ayant ainsi accusé la réforme de la santé d'avoir mis "l'Etat fédéral entre vous et votre médecin".

Cette décision "installe le décor de la présidentielle: elle donne des munitions au président comme à ses adversaires", relève le politologue Costas Panagopoulos, de l'Université Fordham à New York.

Pour l'aile droite du Parti républicain, qui jusqu'à présent a soutenu plutôt mollement Mitt Romney, le jugement de la Cour suprême signifie que le seul moyen d'abolir la loi est de battre Barack Obama en novembre.

"Si nous voulons nous débarrasser de la loi d'Obama, il faut remplacer le président Obama", a plaidé M. Romney, alors que son plus féroce adversaire des primaires républicaines, Rick Santorum, lui apportait de l'eau à son moulin.

"Le président Obama croit qu'il est au-dessus des lois, qu'il peut outrepasser ses pouvoirs pour obtenir ce qu'il veut et violer la constitution", a tonné M. Santorum. "Il est très dangereux de lui laisser ce pouvoir et si on ne l'arrête pas en novembre, j'ai peur que l'essence même de notre pays, telle que nous l'ont léguée les pères fondateurs, ne soit plus jamais la même".

col/bar/lb

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