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Les pertes de courtage de JPMorgan pourraient atteindre 9 mds, selon le NYT

28/06/2012 06:17 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

La banque américaine JPMorgan Chase pourrait avoir perdu jusqu'à 9 milliards de dollars avec ses paris sur les dérivés de crédit qui ont mal tourné, soit trois fois plus que ce qu'elle avait jusqu'ici laissé entendre, selon des informations du New York Times (NYT).

JPMorgan avait révélé en mai avoir perdu 2 milliards de dollars sur des transactions complexes effectuées par un trader français Bruno Iksil, surnommé sur les marchés "la baleine de Londres".

Ces transactions étaient axées sur une stratégie de paris sur des dérivés de crédit adossés à de la dette d'entreprises européennes qui a mal tourné.

La première banque des Etats-Unis en termes d'actifs a prévenu dès l'origine que ces pertes atteindraient probablement 3 milliards, voire potentiellement beaucoup plus, selon les conditions de marché.

Or, avec la crise de la dette en Europe, celles-ci n'ont cessé de se détériorer.

JPMorgan a entrepris de déboucler ses positions et se retrouve sur le marché de gré à gré des dérivés face à des fonds spéculatifs qui parient contre elle en la sachant aux aguets et pressée. Résultat, la banque se retrouve contrainte de brader des positions pour s'en défaire, et ses pertes s'accumulent dans ce marché peu porteur.

"Il y a aussi des fonds qui marchent avec elle", assure Erik Oja, analyste bancaire chez Standard and Poor's, pour qui l'étendue des pertes avancées par le New York Times n'est pas si surprenante.

Le quotidien américain, qui cite des employés de JPMorgan non identifiés ayant connaissance des évaluations internes du groupe, souligne toutefois que les 9 milliards évoqués sont un scénario du pire et que beaucoup au sein de la banque pensent que les pertes n'excéderont pas 6 ou 7 milliards de dollars, notamment parce qu'une majorité de positions ont déjà été soldées.

La chaîne de télévision CNBC affirmait ainsi la semaine dernière que 65% à 70% d'entre elles avaient déjà été débouclées.

JPMorgan Chase, de son côté, reste muette face aux informations de presse et se contente de dire qu'elle s'exprimera en publiant ses prochains résultats trimestriels, le 13 juillet.

C'est un accroc supplémentaire à la réputation de la banque, jusqu'à présent considérée comme la mieux gérée des Etats-Unis, même si elle reste dans le club des banques occidentales dont les activités de marché sont les plus solides, selon un rapport de l'agence de notation Moody's publié jeudi.

Le site d'analystes 247wallst.com parle de "coup porté à l'image de star" de Wall Street de son PDG Jamie Dimon, et qualifie les pertes évoquées par le New York Times d'"effrayantes".

L'action a reculé de 2,45% à 35,88 dollars, après avoir effacé une partie de ses pertes au cours de la séance.

Pour autant, Erik Oja ne s'attend pas à ce que Jamie Dimon se retrouve déstabilisé à la tête de JPMorgan Chase. "Peut-être que (le conseil d'administration) va décider d'une baisse de la rémunération prévue", avance-t-il.

M. Dimon ne cesse de répéter depuis le début de l'affaire que sa banque compte toujours être bénéficiaire au deuxième trimestre, qui se clôture fin juin.

Certaines voix s'élèvent pourtant aux Etats-Unis pour que des sanctions financières soient décidées contre les personnes responsables de ces pertes. Le contrôleur des finances de la ville de New York, John Liu, a ainsi estimé dans un communiqué que "le retour de la confiance des investisseurs (devait) passer par des actes et non pas seulement des paroles".

La déconfiture de JPMorgan a en tout cas relancé le débat aux Etats-Unis sur la nécessité d'une plus stricte régulation bancaire, au grand dam de Jamie Dimon, qui s'y oppose férocement.

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