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Les Etats-Unis inquiets des condamnations pour "terrorisme" en Ethiopie

28/06/2012 09:50 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis sont "profondément inquiets" de la condamnation de journalistes et de membres de l'opposition en Ethiopie pour n'avoir pas suivi les règles de la loi antiterroriste controversée de ce pays allié militaire des Etats-Unis, a indiqué le département d'Etat.

Ces condamnations "soulèvent des questions graves et des inquiétudes concernant l'objectif même de la loi ainsi que concernant le respect des libertés de presse et d'expression des Ethiopiens garanties par la Constitution", a souligné la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, dans un communiqué mercredi soir.

Mme Nuland fait en particulier référence au célèbre journaliste Eskinder Nega, qui a été accusé de "participation à une organisation terroriste" et de "planification, préparation, complot, incitation et tentative d'acte terroriste" pour avoir commenté le Printemps arabe dans les médias afin de promouvoir des manifestations contre le gouvernement éthiopien.

Eskinder Nega et 23 autres Ethiopiens, dont deux membres de l'opposition Andualem Arage et Nathnael Mekonnen, ont été reconnus "coupables" mercredi d'activités "terroristes".

Tous risquent la peine de mort, mais l'accusation a requis la perpétuité. Les peines seront prononcées ultérieurement. Huit des accusés étaient présents mercredi devant le tribunal, à Addis Abeba. Les 16 autres ont été jugés par contumace.

Cinq des condamnés, dont MM. Eskinder et Arage, doivent de nouveau comparaître le 13 juillet pour présenter leurs circonstances atténuantes et eux-mêmes formuler des propositions de peines.

Pour le Comité pour la protection des journalistes, qui estime que les charges contre les accusés sont "infondées et motivées politiquement", l'Ethiopie dispose de l'une des presses les moins libres au monde.

Le département d'Etat américain a pressé son allié militaire d'assurer le respect de la liberté d'expression et de presse, tandis que l'ambassadeur américain en Ethiopie Donald Booth a assisté au procès de mercredi.

jk/sam/sf

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