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Les avocats de la défense plaident la relaxe de Jérôme Kerviel

28/06/2012 01:10 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

PARIS - Les avocats de Jérôme Kerviel ont demandé sa relaxe, jeudi, au dernier jour du procès en appel de l'ancien opérateur de marché, accusé d'avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à la Société générale en 2008 en masquant ses positions — jusqu'à 50 milliards — par des faux.

«La cour va-t-elle être dupe? Où sont les vrais menteurs dans ce procès?» a demandé Me Julien Dami Le Coz lors de sa plaidoirie devant la cour d'appel de Paris. L'avocat a demandé à la cour de «dire le droit», concluant que cela «ne pouvait conduire qu'à une seul issue, la relaxe de Jérôme Kerviel».

Son confrère, Me David Koubbi, main droite tenant une canne et oeil gauche au beurre noir, est arrivé entouré de son ancienne cliente Tristane Banon, qui avait porté plainte contre Dominique Strauss-Kahn l'été dernier, et de Jérôme Kerviel portant le lourd dossier pénal. Me Koubbi a estimé au début de sa plaidoirie que cette affaire était une «anomalie judiciaire».

La défense a dénoncé la thèse de la Société générale et du parquet général pour qui Jérôme Kerviel a agi seul. «La ligne d'attaque de la Société générale, c'est de dire: 'cette histoire est vraie parce que je l'ai inventée'», a accusé l'avocat.

Me Koubbi a aussi critiqué Daniel Bouton, ancien PDG de la banque, passé à la barre la semaine dernière. Il «a l'air d'être un gentil grand-père, mais c'est un manipulateur», a-t-il affirmé.

Le parquet général a requis, mercredi, cinq ans de prison ferme, soulignant que Jérôme Kerviel était un «pervers manipulateur». La Société générale a demandé, lundi, le remboursement des 4,9 milliards d'euros qu'elle considère avoir perdu à cause de M. Kerviel.

En première instance, l'ancien courtier a été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour «abus de confiance», «introduction frauduleuse de données», ainsi que «faux et usage de faux» par le tribunal correctionnel de Paris en octobre 2010.

Me Julien Dani le Coz a remis en cause tous les chefs d'accusation imputés à Jérôme Kerviel, notamment l'abus de confiance, estimant que les faux du courtier «ne pouvaient absolument pas tromper la Société générale».

À l'issue des plaidoiries ce jeudi, la décision sera mise en délibéré à l'automne.

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