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Le roi de Jordanie demande l'amendement d'une loi électorale contestée

28/06/2012 11:15 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

Le roi de Jordanie Abdallah II a demandé jeudi au Parlement d'amender une loi électorale controversée alors que l'opposition islamiste menace de boycotter les élections législatives, selon un communiqué du palais royal.

"Le roi a demandé aujourd'hui au Parlement de tenir une session extraordinaire au début du mois prochain pour amender des articles de la loi électorale afin de permettre de garantir une participation plus importante du peuple dans le processus", indique le texte.

Selon cette loi électorale, les votants devront choisir deux bulletins: un pour des candidats individuels dans leur gouvernorat et un pour les partis politiques ou les coalitions dans la nation entière.

Mais seulement 17 sièges peuvent être disputés par des candidats représentant des partis politiques ou des coalitions, le reste étant attribué à des candidats non affiliés.

"La nouvelle loi devrait augmenter le nombre de ces sièges et permettre ainsi le développement de la vie politique dans le pays", a déclaré le roi selon le communiqué, à la suite d'une réunion avec le Premier ministre Fayez Tarawneh, le président du Sénat Taher Masri et le Président de la chambre basse, Abdelkarim Doughmi.

La puissante organisation des Frères musulmans avait qualifié la loi électorale de "provocation", affirmant qu'elle allait boycotter les élections qui auront lieu avant la fin de l'année.

Appelant le roi à la rejeter, les islamistes avaient déclaré qu'ils étaient en pourparlers avec d'autres partis politiques afin de constituer "un gouvernement et un Parlement fantômes".

Selon la Constitution, les élections ont lieu tous les quatre ans mais la Jordanie a organisé des élections anticipées en 2010 après la dissolution du Parlement par le roi.

Les islamistes ont boycotté ces élections pour protester contre le système électoral qui privilégie selon eux les régions rurales, considérées comme loyales au gouvernement, dont les partisans dominent le Parlement.

L'opposition principalement islamiste manifeste régulièrement pour réclamer des réformes politiques et économiques, et demande en particulier un système parlementaire dans lequel le Premier ministre serait élu et non plus nommé par le roi.

Le roi pousse à organiser des élections avant la fin 2012, alors que la Jordanie a été touchée par des manifestations, petites mais régulières, dans la foulée du Printemps arabe, en faveur de réformes politiques et économiques.

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