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La Tunisie est "un pays sûr" et doit être soutenu, plaide Jebali à Paris

28/06/2012 09:10 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

Le Premier ministre tunisien, l'islamiste Hamadi Jebali, s'est efforcé jeudi à Paris de rassurer son homologue français Jean-Marc Ayrault sur la situation en Tunisie, "un pays sûr", et a plaidé en faveur du développement d'un "partenariat stratégique" avec la France et l'Europe.

"Nous avons fait un tour d'horizon. J'ai donné un aperçu de la situation en Tunisie, qui va maintenant dans le sens de l'apaisement", a déclaré en français M. Jebali, à l'issue d'un entretien de 45 minutes avec M. Ayrault.

"La Tunisie est un pays sûr. Il faut comprendre que la révolution a été comme un tremblement de terre et ce que nous voyons maintenant, ce sont des répliques", a ensuite affirmé le chef du gouvernement tunisien, selon la traduction de propos tenus en arabe.

Il s'agissait de la première rencontre entre exécutifs français et tunisien depuis la victoire des islamistes d'Ennahda à l'automne dernier et celle du socialiste François Hollande à la présidentielle en mai.

De source diplomatique, plusieurs rencontres sont prévues entre le nouvel exécutif français et les dirigeants des pays du Maghreb d'ici la fin de l'année. Alors qu'un déplacement de François Hollande dans la région est évoqué, Hamadi Jebali a dit espérer "qu'il passe par la Tunisie". "C'est la grande porte pour la démocratie arabe, pour le monde arabe", a-t-il avancé.

D'ici là, tout en précisant de ne pas "attendre de cadeau", M. Jebali, numéro deux d'Ennahda, a émis le souhait que son entretien à Matignon permette "de raffermir les relations et les échanges" bilatéraux, ainsi qu'avec l'UE.

"Nous comptons beaucoup sur le partenariat dont on a tant parlé avec la France et l'Europe", a déclaré M. Jebali, qui a également rencontré mardi des entrepreneurs et représentants du patronat français.

S'agissant de son récent plaidoyer en faveur d'un "petit plan Marshall" pour son pays, confronté à d'énormes difficultés économiques, il a noté qu'un "haut comité franco-tunisien" se réunirait "pour aborder le sujet en détail". Il s'agit de "mettre en contact les interlocuteurs économiques", a précisé à l'AFP une source diplomatique française.

De son côté, Jean-Marc Ayrault a souligné auprès de son hôte "l'importance symbolique" de la Tunisie, point de départ des "Printemps arabes", selon un communiqué de Matignon.

"Les nouvelles autorités tunisiennes (sont) face à une responsabilité historique", a relevé M. Ayrault, qui a témoigné de la volonté de la France d'accompagner le processus "en établissant un partenariat d'égal à égal, dans la durée et dans la fidélité aux liens d'amitié".

Le renforcement des relations bilatérales doit "impliquer la société civile", a-t-il aussi souhaité.

L'UE s'est engagée à rénover sa politique à l'égard des pays de son voisinage méditerranéen et à signer une nouvelle génération d'accords commerciaux. Pour 2011-2013, l'aide à la Tunisie, qui souhaite obtenir un "statut avancé" avec l'UE, doit atteindre 400 millions d'euros.

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