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La Cour suprême des États-Unis donne raison à Obama sur sa réforme de la santé

28/06/2012 12:05 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

WASHINGTON - La Cour suprême des États-Unis a validé, jeudi, la disposition centrale de la réforme de la santé du président Barack Obama, destinée à fournir une assurance santé à plus de 30 millions d'Américains qui en sont dépourvus.

Il s'agit d'une énorme victoire politique pour le président Obama, un peu plus de quatre mois avant l'élection présidentielle de novembre. Cette décision signifie que la réforme pourra entrer en vigueur au cours des prochaines années, affectant la façon dont les Américains reçoivent et paient leurs soins médicaux.

Cette réforme historique suscite l'opposition farouche de presque tous les républicains, y compris Mitt Romney, le probable candidat républicain à la Maison-Blanche.

La décision, rédigée par le juge en chef John Roberts, donne raison au président sur l'élément central de la réforme, qui rend l'assurance santé obligatoire sous peine d'amende fédérale. Les juges ont voté à cinq voix contre quatre en faveur de la loi.

Barack Obama a salué «une victoire pour le peuple de tout le pays». Dans une allocution télévisée, il a estimé qu'il était maintenant clair que cette réforme n'a pas été menée pour des raisons purement politiques. «Je l'ai fait parce que c'était bon pour le pays», a-t-il déclaré.

Les républicains n'ont pas tardé à réagir. Mitt Romney a affirmé que sa mission serait désormais d'abroger la réforme de la santé, estimant qu'il s'agit d'une «mauvaise loi».

Le président du Parti républicain, Reince Priebus, a affirmé que la Cour suprême venait de définir «l'enjeu de la présidentielle de novembre».

«Maintenant, la seule façon de sauver ce pays de l'"ObamaCare" et de la main-mise gouvernementale sur le système de santé, qui fait exploser le budget, est d'élire un nouveau président», a estimé M. Priebus dans un communiqué.

Cette décision de la Cour suprême était l'une des plus attendues depuis 2000, quand le républicain George W. Bush avait été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle après les problèmes de décompte en Floride.

La majorité des Américains ne soutiennent pas cette réforme, selon les sondages. Ironiquement, la réforme est inspirée d'un programme mis en place dans le Massachusetts quand Mitt Romney était gouverneur de cet État. Les résidants du Massachussetts approuvent largement le programme depuis son entrée en vigueur, en 2006.

Mitt Romney défend toujours le programme du Massachusetts, mais il estime que de telles mesures doivent être prises par les États, et non pas imposées par l'État fédéral. Il a promis d'abroger la réforme d'Obama s'il est élu à la Maison-Blanche en novembre.

Après l'annonce du jugement, des stratèges républicains ont affirmé que M. Romney continuerait de faire campagne contre la loi «ObamaCare» et de la présenter comme une hausse de taxes pour les citoyens. Son équipe affirme avoir amassé plus d'un million $ US dans les heures ayant suivi l'annonce du jugement.

«Obama a peut-être sa loi, mais le Parti républicain a sa cause», a déclaré un responsable de la campagne républicaine, Terry Holt. Cette décision «promet de galvaniser le soutien républicain autour de l'abrogation de ce qui pourrait être la plus importante hausse de taxes de l'histoire des États-Unis.»

Les dispositions centrales de la réforme, comme l'obligation de souscrire une assurance santé, doivent entrer en vigueur en 2014, au moment où la loi interdira aux sociétés d'assurance de refuser une couverture à des personnes qui éprouvent déjà des problèmes de santé.

La plupart des Américains ont déjà une assurance santé. La loi permettra de fournir des subventions aux ménages non assurés de la classe moyenne afin qu'ils puissent payer leurs primes d'assurances et étendra la couverture de l'assurance santé fédérale pour les personnes pauvres.

Une fois la réforme totalement appliquée, il restera quelque 26 millions de personnes sans assurance aux États-Unis, dont des migrants sans papiers, des personnes pauvres qui ne pourront toujours pas se payer une assurance, même avec les subventions, et des citoyens qui préfèrent payer une amende plutôt que d'acheter une assurance.

Depuis la promulgation de la réforme il y a deux ans, 26 États ont contesté la constitutionnalité de ce texte très controversé, qui représente la plus importante extension de la couverture sociale en plus de 40 ans aux États-Unis.

Avant son adoption, les États-Unis étaient le dernier grand pays développé dépourvu d'assurance santé nationale. Avec la réforme, la couverture santé devrait s'étendre à plus de 30 millions d'Américains supplémentaires, sur une population de plus de 313 millions de personnes. Le bureau du budget du Congrès américain estime qu'environ 95 pour cent de la population américaine devrait posséder une assurance santé d'ici 2019.

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