Un spectacle chaleureux de James Taylor au Festival de jazz de Montréal (PHOTOS)

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MONTRÉAL - À la suite d’une tournée hivernale en Europe, l’icône américaine James Taylor semblait ravi, mercredi soir, d’offrir son premier de deux spectacles en sol montréalais. Accompagnés de ses 11 musiciens et choristes, il a partagé deux bonnes heures de son impressionnante oeuvre musicale qui s’étend sur plus de quarante ans : prestation intimiste, ponctuée de blagues et de bonnes doses de musique folk-rock.

De manière ultra décontracte, le sexagénaire qui ouvrait officieusement le 33e Festival de Jazz est apparu sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts avec son Spirit Award, trophée (offert plus tôt en journée par les organisateurs de l’événement) qui récompense les grands talents de la musique, tel que Bob Dylan, Leonard Cohen, Stevie Wonder ou encore Robert Plant.

Dans un geste de gratitude, il a montré la statuette à l’audience en glissant quelques mots sur Miles Davis (le bronze est à l’effigie du célèbre trompettiste). Déjà, des applaudissements fusaient dans la salle malgré le fait qu’aucune note n’avait été jouée… Rien de véritablement étonnant, puisque bien des amateurs des années 1970 étaient présents pour entendre leur idole.

Sans autres formalités, Taylor a commencé la soirée en douceur avec la chanson « One Man Parade » (de son quatrième album One Man Dog, paru en 1972), sur une introduction de flûte traversière (Lou Marini, aussi au saxophone). Lui, bien entendu, était à la guitare acoustique. Sa façon de mettre la table. Quant à sa voix, toujours aussi particulière, elle était rassurante, enveloppante.

Ensuite, il a enchainé avec « Hey Mister, That’s Me Up On the Jukebox », balade empreinte de nostalgie (voyage dans une île tropicale) : jolie mélodie livrée par la pedal steel du nouveau guitariste Dean Parks, violon, batterie (Steve Gadd) qui ouvrira la voie pour la somptueuse « Carolina In My Mind », à la facture résolument country.

À la très appréciée « Country Road », l’ambiance a drastiquement changé pour faire place à davantage de rythme. Soulignons ici les quelques plaintes de guitare électrique bien senties. Premier moment fort du spectacle, surtout lorsque le chanteur a laissé tombé son instrument en bandoulière pour mimer le marcheur sur la route, micro en main.

Émotions variables

Toute la prestation aura d’ailleurs l’aspect d’un charmant mariage de balades intimistes et de morceaux plus entraînants. En général, les émotions, quelle quelles soient, sont passées de belle façon. On pense à la jolie « Gotta Spend a Little More Time With You », chanson d’amour enjolivée par les chœurs (deux hommes et deux femmes) et les arrangements teintés de soul, ou encore à la très « cool » et entrainante « Steamroller » avec ses superbes lignes de clavier (Larry Goldings), de guitare électrique (bleue poudre pour James Taylor) et de basse (Jimmy Johnson, aussi directeur musical).

Ici et là, on entendra également des « Je t’aime » et des « We love you James » provenant de la foule. À la volée, Taylor aura su répliquer avec humour que cette affection est réciproque : « Je t’aime aussi, même si j’ai du mal à l’expliquer, puisqu’au fond nous sommes des étrangers », a-t-il notamment lancé à une femme hurlant son nom. Si l’on ajoute à ceci son charisme magnétique et sa bonhomie contagieuse, sans compter le fait qu’il s’est plusieurs fois exprimé en français, l’effet James Taylor demeure indéniablement un succès auprès des spectateurs.

Cela dit, rien n’est parfait. Il y a bien eu quelques passages plus incertains comme les vieilles balades contemplatives « Lighthouse » et « Anywhere Like Heaven », plus ou moins réussies. Mais bon, nous les avons rapidement oublié à l’arrivée de « Not Fade Away » : belles propositions de guitares (relativement lourdes), de percussions, de trompette (Walt Fowler) et de percussions latines (Luis Conte). Festif.

Un peu plus tard, « Your Smiling Face » et « Shower the People » (« you love ») nous ont plongés dans une atmosphère d’église américaine : avec bon goût, ça sentait le gospel, les voix divines et les messages évangéliques d’amour et de partage. Quand les gens se sont mis à frapper des mains, vraiment, tout y était ! Acclamations.

Au total, l’auteur-compositeur aura proposé près de 25 morceaux.

Au rappel, Taylor a joué la douce « That’s Why I’m Here », l’enlevante « Twist » (monde debout, mains en l’air) et « Close Your Eyes », magnifiquement interprété par le chanteur à la guitare acoustique et les quatre choristes. Sans oublier sa femme, tout près de lui, apparue sur scène une trentaine de minutes auparavant.

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Festival international de jazz de Montréal: 27 juin 2012
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