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Euro-2012 - Une Espagne imperméable, mais peu inspirée devant

28/06/2012 10:53 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

Vainqueur du Portugal mercredi en demi-finale de l'Euro-2012 (0-0, 4 aux tirs au but à 2), l'Espagne a confirmé face à Ronaldo et sa bande les forces et faiblesses déjà entrevues depuis le début du tournoi: une excellente défense mais un manque d'idées offensives.

Les forces:

. Une défense imprenable

L'Espagne, équipe réputée pour son jeu séduisant et ses beaux mouvements offensifs convainc presque davantage derrière que devant sur cet Euro. Cette Espagne-là rappelle qu'un grand tournoi international se gagne avant tout grâce à une bonne défense. Celle de la Roja, composée de la charnière centrale Piqué-Ramos et des latéraux Arbeloa et Alba, livre pour l'instant une compétition impeccable. Contre le Portugal mercredi, elle est encore parvenue à préserver les cages de Casillas inviolées et ce pour la 4e fois de cet Euro, en cinq matches. Seul l'Italie a réussi à prendre en défaut ce rideau à une reprise. De grands attaquants internationaux comme Benzema et Ronaldo, qui évoluent tous les deux au Real Madrid, se sont ainsi cassé les dents sur un bloc défensif espagnol qui a trouvé en Sergio Ramos un vrai leader.

. Iniesta, une arme qui ne trahit jamais.

Quand toutes les solutions aux avant-postes sont épuisées, il reste encore et toujours Iniesta. Excellent depuis le début de l'Euro, n'ayant connu qu'un seul jour moyen contre la France (2-0), le petit milieu du Barça porte presque tout le jeu d'attaque de la Roja sur ses épaules. Contre le Portugal, alors que l'Espagne ne trouvait pas les espaces devant, c'est encore lui qui a failli être décisif en forçant Rui Patricio à détourner sa reprise à la toute fin de la prolongation. "Je ne me sens pas un leader", avait déclaré le joueur du Barça en début d'Euro, humble comme toujours. Sur le terrain, il endosse pourtant bien ce rôle.

. Un banc plein de ressources.

Depuis le début de la compétition, les entrées en jeu de l'Espagne lui apporte beaucoup. Tout particulièrement les deux jokers de luxe Pedro et Navas, qui sont pour l'instant toujours parvenus à mettre plus de rythme sur les ailes. Si contre le Portugal, ces changements ne se sont pas concrétisés par un but, ils ont toutefois donné à la Roja un ascendant qu'elle n'avait pas sur son rival en première période.

. Une confiance en soi inébranlable

Menée au score contre l'Italie, peinant à trouver l'ouverture face à la Croatie, bousculée par le Portugal, l'Espagne semble moins souveraine que par le passé mais finit toujours par s'en sortir. Dotée d'un mental d'acier qui a toujours fait la marque des grandes sélections, la Roja paraît ne jamais paniquer et joue comme une force tranquille, sachant appuyer sur l'accélérateur lorsqu'on ne s'y attend plus comme en prolongation de la demi-finale.

Les faiblesses:

. Qui pour remplacer Villa?

C'est assurément la grande interrogation de cet Euro pour les champions du monde et d'Europe. Forfait en raison d'une fracture du tibia survenue en décembre dernier, le meilleur buteur de l'histoire de la Roja (51 buts) est présent dans tous les esprits. Car toutes les solutions proposées par Del Bosque pour pallier son absence se sont pour l'instant avérées décevantes. Ni Fabregas en "faux neuf" ni Torres ou Negredo en véritables attaquants de pointe n'ont pour l'instant convaincu. Fabregas, auteur de deux buts jusqu'ici, peut être une option intéressante, mais ce dispositif du neuf menteur prive tout de même l'Espagne de beaucoup de profondeur devant.

. Une fatigue de plus en plus palpable.

Composée de quatre éléments du Barça et de quatre joueurs du Real, deux clubs qui se sont livrés un farouche combat en Liga et sont allés jusqu'aux demi-finales de la Ligue des Champions, l'équipe-type de l'Espagne commence sérieusement à tirer la langue. Cette usure liée à une saison exténuante est par exemple visible chez des joueurs comme Xavi, qui ne possède pas la même fraîcheur que sur d'autres compétitions et a d'ailleurs été remplacé à la 87e de la demi-finale. La perspective de pouvoir entrer dans l'histoire du football en réalisant un triplé Euro-Mondial-Euro encore jamais vu sera-t-elle plus forte que la fatigue, dimanche pour la finale?

cle/grd

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