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Euro-2012 - L'Italie a retrouvé une grande équipe

28/06/2012 04:52 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

De retour dans une grande finale six ans après le Mondial-2006, l'éternelle Italie a retrouvé une équipe compétitive et cherchera à gagner un deuxième Euro contre l'Espagne avec son nouveau credo: la possession de balle, en plus de la traditionnelle solidité défensive.

La Renaissance est à un pas du triomphe. La victoire contre l'Allemagne (2-1), qui ne l'a toujours pas battue en phase finale, après cette huitième confrontation, réinstalle la "Nazionale" au sommet, et dans de nouveaux habits.

Fini le "catenaccio"? Si sa victoire en 2006 devait beaucoup à sa défense de fer, l'Italie de Cesare Prandelli ne se contente pas de défendre. Elle a soutenu la comparaison avec l'Espagne au premier match (1-1), dominant même dans le jeu les champions du monde, et a eu 68% de la possession de balle contre l'Angleterre.

Cesare Prandelli l'avait annoncé: "Nous n'avons qu'une seule arme, le jeu, ce serait dénaturer deux années de travail, et peut-être même immature, de ne pas jouer."

Au stade National de Varsovie, jeudi, face à la grande Allemagne, l'Italie a encore une fois séduit avec un Pirlo, en brillant chef d'orchestre, et un Balotelli explosif, aux percussions pour un très beau doublé (20e et 36e).

L'Italie n'a en outre pas perdu ce qui fait sa force, le sens tactique de ses joueurs qui leur permet de s'adapter à toutes les situations.

La flexibilité tactique de son onze est une garantie. La "Nazionale" est passée sans broncher d'une défense à quatre, qu'elle préparait pourtant depuis deux saisons, à une défense à cinq, une petite semaine avant le match contre l'Espagne.

Quand Andrea Barzagli est revenu de blessure pour le troisième match de poule, Prandelli est revenu à son quatuor, et depuis le retour du patron l'Italie n'a plus pris de but si ce n'est un pénalty dans le temps additionnel contre l'Allemagne.

Son milieu de terrain est un des meilleurs du monde. Andrea Pirlo marche sur l'eau, parfaitement secondé par Claudio Marchisio à droite et Daniele De Rossi à gauche.

Marchisio, dans la foulée de son excellente saison, est très percutant et vole vers son destin de "nouveau Tardelli". La comparaison avec le champion du monde 1982 l'agace, mais le "Juventino" est en train de se faire un nom.

De Rossi, le "Capitaine Futuro" de l'AS Rome, a retrouvé son meilleur niveau, alliage de force physique et d'aisance technique (il aurait pu marquer le but du tournoi sur son enchaînement contrôle du bout du pied-frappe contre l'Angleterre).

Le milieu est complété par Thiago Motta, pour les trois premiers matches, plus lent mais qui participe à la récupération, ou Riccardo Montolivo, très bon contre l'Angleterre et l'Allemagne.

Prandelli a construit une nouvelle équipe, où seul Pirlo et ses 33 ans risque d'être un peu juste pour le Mondial-2014, un tronc sur lequel pourraient se greffer les talents en devenir au cours des deux prochaines saisons, comme Alessandro Diamanti, convaincant lors de ses entrées en jeu.

Il a parfaitement réussi la Renaissance italienne, il lui reste à réussir un chef d'oeuvre contre l'école espagnole.

eba/grd

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