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Euro-2012 - "L'Allemagne ne peut pas perdre, ce n'est pas possible!"

28/06/2012 06:03 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

"L'Allemagne ne peut pas perdre, ce n'est pas possible!": la colère et la déception revenaient chez la plupart des quelque 400.000 supporters rassemblés devant la Porte de Brandebourg à Berlin, après l'élimination de la Mannschaft jeudi soir en demi-finale de l'Euro-2012 par l'Italie.

Des jurons ont sifflé, lorsque l'arbitre a mis un terme au match remporté par les Italiens (2-1).

La presse allemande avait prévenu: il s'agirait du match le plus difficile pour le sélectionneur Joachim Löw, mais aussi pour le "12e homme", les fervents supporteurs de la Mannschaft.

L'enthousiasme qui dominait la foule de supporteurs a vite cédé la place à une ambiance tendue. "Je me sens comme opprimé", a réagi Lucas Abel, un lycéen berlinois de 17 ans quand l'avant-centre Mario Balotelli, a inscrit les deux buts rageurs qui ont propulsé l'Italie en finale de l'Euro-2012 face à une Allemagne des mauvais jours.

Au moment du deuxième but italien, peut-être pour se prémunir d'une averse de buts, un supporteur allemand va jusqu'à ouvrir un parapluie parmi la foule.

Tout juste peut-on apercevoir un poing qui se lève quand les images sur l'écran géant montrent un joueur italien à terre. "Génial, c'est Balotelli", s'exclame un jeune à propos du remplacement en seconde période de l'homme qui a scellé le sort de la Mannschaft.

"L'Allemagne ne peut pas perdre, ce n'est pas possible! Les Allemands n'aiment pas perdre", fait remarquer Gina Pusche, une étudiante de 20 ans, venue comme beaucoup avec un collier à fleurs noir-rouge-or, les couleurs de l'Allemagne.

"Il y a eu trop d'erreurs de passe", le milieu de terrain Bastian Schweinsteiger était certes "sur le terrain, mais d'une certaine manière il ne l'était pas non plus", regrette-t-elle. "L'Allemagne n'était pas présente."

Alors qu'un calme étonnant régnait dans le reste de la capitale allemande, les supporteurs berlinois, jeunes pour la plupart, à l'image des 25 ans de moyenne d'âge des joueurs de la Mannschaft, s'étaient rassemblés par milliers pour suivre la rencontre sur l'Avenue du 17 juin, sûrs d'une victoire de leur équipe, sûrs aussi que la nuit ici allait être longue.

Le but d'Özil sur penalty qui réduit la marque à 2-1 dans les arrêts de jeu est accueilli par une pluie d'applaudissements, les supporteurs espèrent pendant une petite poignée de secondes. Mais c'est bien trop tard.

"Pour les gens ici, cela aurait été énorme si leur équipe avait gagné", fait remarquer Gregory Revel, 51 ans, serrurier de profession. "Il faut les comprendre. Tous ces jeunes respirent avec leur équipe", la Mannschaft.

Des supporteurs Allemands gardent leur esprit sportif malgré la défaite: "C'était quand même un beau match. Les Italiens ont mieux joué, c'est clair. Alors je ne vais pas m'effondrer en larmes", explique René Arnold, un employé de 40 ans qui souligne que "c'est le jeu qui prime avant tout".

En évacuant la place, rares étaient ceux qui osaient encore scander "Super Deutschland", après la défaite de la Mannschaft.

lg/fjb/nip

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