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Elliot Lake: une enquête publique est réclamée de toutes parts

28/06/2012 02:02 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

ELLIOT LAKE, Ont. - Une enquête publique a été réclamée de toutes parts, jeudi, à la suite de la découverte, la veille, de deux corps dans les débris d'un centre commercial partiellement effondré à Elliot Lake, en Ontario.

La population et les résidants dévastés par la tragédie ont besoin de savoir pourquoi une partie du toit du centre commercial Algo a cédé, samedi après-midi, a soutenu le député provincial de la circonscription, le néo-démocrate Mike Mantha. Selon lui, la population a besoin de savoir si tout a été fait, pendant les quatre jours de fouilles, pour tenter de retrouver des survivants.

M. Mantha, dont le bureau de comté se trouve dans le centre commercial, a affirmé que plusieurs citoyens s'étaient plaints de l'état de l'édifice.

Le député de l'opposition a également lancé qu'il fallait se questionner sur les raisons pour lesquelles un tel incident avait pu survenir.

Le premier ministre Dalton McGuinty a assuré jeudi qu'une enquête était déjà en cours au Bureau du coroner en chef de l'Ontario, avec l'aide de la Police provinciale, sur la mort de deux personnes dans l'effondrement.

Le ministère du Travail, qui a dépêché des représentants au centre commercial à six reprises au cours des trois dernières années, mènera aussi sa propre enquête.

Le premier ministre McGuinty, qui était encore sur place jeudi matin, a aussi promis que la province mènerait une «évaluation minutieuse» sur la façon dont la tragédie a été gérée après coup. Après avoir rencontré le maire d'Elliot Lake, Rick Hamilton, le premier ministre a affirmé que l'historique du centre commercial serait scruté à la loupe et que les résultats du rapport seraient rendus publics.

«Une fois ces enquêtes préliminaires complétées, nous serons plus à même de déterminer le genre d'évaluation que nous devons mettre en place pour donner l'assurance à la population que ce qui devait être fait l'a effectivement été», a expliqué M. McGuinty. «Ou si elles ne l'ont pas été, nous devrons rester ouverts à la possibilité d'en tirer des leçons.»

Le ministère du Travail a précisé avoir conduit six vérifications au centre commercial au cours des trois dernières années, pour la plupart en lien avec des plaintes sur des fuites dans les tuyaux et le toit, ainsi que sur un escalier jugé dangereux.

Un avocat représentant le propriétaire du centre commercial, Richard Nazarian, a soutenu jeudi que l'édifice faisait l'objet de vérifications sur une base régulière. Me Antoine René Fabris a déclaré que la compagnie avait dépensé plus d'un million de dollars en rénovations. L'avocat a aussi indiqué qu'il avait reçu un avis de recours collectif.

«C'est un avis de recours collectif, mais la classe n'a pas encore été définie. Je crois qu'il est un peu tôt pour en discuter», a mentionné Me Fabris, qui a souligné que son client avait reçu des menaces.

Les propriétaires du centre commercial reprendront possession du bâtiment une fois que le ministère du Travail aura complété son rapport sur la stabilité de la structure, a indiqué Me Fabris.

Les opérations de recherche avaient été suspendues lundi après-midi mais ont finalement repris quelques heures plus tard lorsque des résidants en colère ont exprimé leur frustration dans les rues de la ville. Le premier ministre McGuinty était directement intervenu dans le dossier pour demander la reprise des opérations.

Les responsables des services d'urgence ont toutefois précisé que la suspension des fouilles n'était pas forcément définitive, et que la dangerosité de la structure aurait mis en péril la sécurité des 37 secouristes chargés de retrouver des survivants.

L'équipe, qui avait passé les derniers jours à fouiller les débris du centre commercial, a finalement utilisé du matériel sophistiqué pour tenter de se frayer un passage jusqu'aux personnes qui auraient pu survivre.

«Nous allons prendre un peu de temps pour bien penser aux étapes pour renforcer l'économie et peut-être trouver d'autres endroits pour localiser les services sociaux et surtout, il faudra aider ceux et celles qui ont perdu leur emploi», a déclaré jeudi le premier ministre McGuinty.

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