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Diamants: L'UE prête à aider le Zimbabwe à rétablir la transparence

28/06/2012 10:44 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

L'Union européenne (UE) est prête à apporter une aide au Zimbabwe pour tenter de rétablir la transparence dans la vente de ses diamants, aux circuits encore obscurs, a affirmé à l'AFP le chef d'une délégation de l'UE à Harare.

"Nous notons qu'il y a un problème de transparence dans les revenus du secteur diamantifère, dont témoignent d'ailleurs les déclarations publiques du ministre des Finances du Zimbabwe", a déclaré Aldo Dell'Ariccia, au retour d'une visite dans les mines de Marange.

"La transparence est une question politique, mais c'est aussi une question technique, qui demande des capacités particulières pour mener à bien les contrôles nécessaires", a dit le diplomate.

"C'est pourquoi, si le gouvernement du Zimbabwe nous le demande, l'UE pourrait fournir l'assistance technique nécessaire pour remettre à jour, améliorer et compléter les instruments nationaux de contrôle et d'inspection".

Cette mission était la première de diplomates étrangers dans les mines de Marange de sinistre réputation, où des ONG ont dénoncé pendant des années de graves atteintes aux droits de l'homme, notamment de la part de militaires forçant les civils à travailler comme mineurs.

Ces accusations avaient conduit à l'interdiction de vente sur le marché international des diamants de Marange, surnommés "diamants du sang". Cette interdiction a été levée en novembre 2011, mais des zones d'ombres persistent sur la destination des produits de la vente.

Le ministre des Finances Tendai Biti a publiquement regretté le manque d'information sur les revenus du diamant, alimentant les suspicions de détournements de fonds et de circuit de vente parallèle échappant au contrôle du gouvernement.

Le Zimbabwe espérait retirer 600 millions de dollars (480 millions d'euros) par an de la vente de ses diamants cette année. Mais au premier trimestre 2012, à peine un quart des revenus prévus étaient entrés dans les caisses de l'Etat, selon le ministre Biti.

Selon M. Biti, la société Anjin, détenue conjointement par le gouvernement du Zimbabwe et par des intérêts chinois, n'aurait pas versé au gouvernement le revenu de ses ventes. Le directeur d'Anjin a pour sa part assuré aux diplomates européens que 30 millions de dollars avaient été versés au gouvernement au titre de royalties.

La mission diplomatique, invitée par le gouvernement zimbabwéen, regroupait des ambassadeurs de l'UE (Belgique, République Tchèque, Danemark, France, Allemagne et Espagne) auxquels s'étaient joints leurs homologues australien et canadien.

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