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Centrafrique: la population a tenté d'empêcher les Français d'Areva de partir

28/06/2012 12:24 EDT | Actualisé 28/08/2012 05:12 EDT

La population de Bakouma, dans le sud-est de la Centrafrique, où le groupe nucléaire civil français Areva a été attaqué dimanche par des rebelles, a tenté d'empêcher le départ des Français, redoutant un départ définitif du groupe, a indiqué à l'AFP une source militaire à Bakouma jeudi.

"La population de Bakouma a fermé mardi la route du site de la société française Areva pour empêcher les expatriés français de quitter la ville", craignant l'abandon du gisement d'uranium encore non exploité, a affirmé cette source militaire.

Les Français ainsi que deux centrafricains ont été évacués par avion spécial mardi.

"Informés de leur départ, les habitants ont investi la route avec des troncs et branches d'arbre, ainsi que de grosses pierres, scandant, en sango (langue centrafricaine) +Vous partez pour nous abandonner aux rebelles+; +vous partez définitivement synonyme de fin des travaux+", a encore ajouté la source.

La garde Républciaine a procédé à "des tirs de sommation" pour dégager le "passage des expatriés vers l'aérodrome", selon la même source.

En novembre 2011, Areva avait repoussé d'un à deux ans les travaux pour exploiter Bakouma, en raison de la chute des cours du minerai après la catastrophe de Fukushima au Japon. Environ 170 personnes y travaillaient au départ, mais depuis que le site était en sommeil il ne comportait qu'une quinzaine de personnes.

Mercredi, une source du haut commandement militaire, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a assuré que le site était désormais sous contrôle de l'armée centrafricaine.

Les auteurs de l'attaque n'ont pas encore été officiellement identifiés.

Lundi, une source militaire avait accusé les rebelles tchadiens du Front populaire pour le redressement (FPR) du "général" Baba Laddé. Mardi, une autre source militaire centrafricaine avait cette fois-ci désigné la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony.

Malgré un processus de paix entamé en 2008 avec la plupart des rébellions importantes du pays qui ont déposé les armes, la Centrafrique reste la proie de groupes armés, rebelles, coupeurs de routes et braconniers. La LRA et le FPR y sont actifs.

acp/pgf/aub

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