POLITIQUE

Via Rail annonce des réductions de service et la suppression de 200 postes

27/06/2012 10:19 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT
AP

MONTRÉAL - Le transporteur ferroviaire Via Rail a annoncé mercredi des réductions de service qui se traduiront par l'abolition de 200 postes syndiqués à temps plein, soit neuf pour cent de sa main d'oeuvre totale.

Ainsi, la fréquence du train Océan, qui relie Montréal à Halifax, passera de six à trois voyages aller-retour par semaine à partir de novembre.

Via a précisé que l'achalandage de l'Océan avait diminué de 50 pour cent au cours des 15 dernières années, et ce, malgré une amélioration de la qualité du service à bord.

De plus, deux trains seront annulés entre Montréal et Ottawa le samedi, ainsi que plusieurs autres entre Toronto et Windsor, Aldershot, London, Sarnia, Niagara Falls et Kitchener.

Enfin, la fréquence du train Le Canadien, qui relie Toronto à Vancouver, passera de trois à deux voyages aller-retour par semaine durant la période hors pointe, soit d'octobre à avril.

En revanche, la société d'État mettra en place de nouvelles fréquences dans le corridor Québec-Montréal-Ottawa-Toronto ainsi qu'un nouveau train «express» entre Ottawa et Toronto.

Par ailleurs, aucune réduction n'affectera les liaisons Montréal-Senneterre, Montréal-Jonquière, Sudbury-White River, Winnipeg-Churchill et Jasper-Prince Rupert, qui sont fortement subventionnés par Ottawa.

Quant au train Montréal-Gaspé, sa fréquence demeurera à trois voyages aller-retour par semaine, mais son horaire sera modifié pour coïncider avec le nouvel horaire de l'Océan.

Ces changements doivent se traduire par une réduction de 20 millions $ du déficit d'exploitation de Via Rail d'ici 2014, a déclaré le président et chef de la direction de la société, Marc Laliberté, lors d'une conférence de presse tenue mercredi à Winnipeg.

Rappelons que le plus récent budget fédéral a réduit le financement de Via de 6,5 millions $ cette année, de 15,1 millions $ en 2013-2014 et de 19,6 millions $ en 2014-2015.

Jennifer Brown, présidente de l'unité locale 4005 des Travailleurs canadiens de l'automobile, qui représente de nombreux syndiqués de Via Rail, a affirmé mercredi que l'annonce était décevante mais pas vraiment étonnante compte tenu des rumeurs qui circulaient depuis des mois.

Or, selon Mme Brown, la demande pour les services de Via est en hausse en Atlantique depuis le début de l'année.

La vice-présidente de cette unité locale, Nancy Risser, a dit craindre que d'autres compressions suivent au cours des prochaines années. À l'instar de bien d'autres syndiqués, elle redoute également une privatisation pure et simple du transporteur.

«Les conservateurs sabrent dans un service dont ont besoin les Canadiens», a déploré la députée néo-démocrate Olivia Chow, porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports.

«C’est honteux de voir les conservateurs couper dans ces services de manière si irresponsable», a-t-elle ajouté.

Le président de Transport Action Atlantic, Harold Nicholson, a également dénoncé les compressions annoncées mercredi.

«Pendant que les autres pays du G20 investissent de façon intelligente et massive dans leurs services ferroviaires, le Canada continue d'asphyxier Via», a-t-il affirmé.

M. Laliberté a tenu à préciser qu'une bonne partie des suppressions de postes allait pouvoir être réalisée par attrition. Via Rail a noté qu'au cours des trois dernières années, le taux annuel d'attrition s'est élevé à huit pour cent en moyenne. C'est presque autant que les neuf pour cent que représentent les 200 licenciements annoncés mercredi.

Via estime pour l'instant qu'une trentaine d'employés perdront leur emploi à Montréal, moins d'une dizaine à Québec, une trentaine à Halifax, une dizaine à Moncton, moins de trente à Toronto, moins de 10 à Ottawa, une trentaine dans le Sud-Ouest de l'Ontario et une trentaine à Winnipeg.

Aucune suppression de poste n'est prévue au siège social de Via Rail à Montréal. Le nombre de cadres y travaillant a toutefois diminué de 15 pour cent depuis 2009.

Au cours des deux dernières années, Via soutient avoir réduit de 30 millions $ le financement de ses activités consenti par l'État, en excluant les cotisations aux régimes de retraite.