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Tunisie/arts: l'huissier à l'origine de la polémique relâché, verdict le 4 juillet

27/06/2012 02:11 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

L'huissier qui a lancé la polémique sur des oeuvres jugées "insultantes pour l'islam", exposées en banlieue nord de Tunis et ayant servi de détonateur aux émeutes des 11 et 12 juin, a été relâché mercredi par un tribunal de Carthage une semaine après son arrestation, selon l'un de ses avocats.

"Mon client a été remis en liberté et le verdict sera prononcé le 4 juillet prochain," a déclaré à l'AFP Me Fathi Layouni.

Mohamed Ali Bouaziz avait été arrêté la semaine dernière pour avoir commis des actes "assimilables à une atteinte à la sûreté de l'Etat", selon une source judiciaire. Il risque jusqu'à un an de prison.

Pour Me Layouni, son client n'a fait qu'appeler à une manifestation contre des oeuvres jugées "choquantes" et non à une rébellion contre l'Etat. "Ce genre d'accusation est valable pour ceux qui planifient un coup d'Etat, et non une manifestation", a estimé l'avocat lors de sa plaidoirie.

Le 10 juin, M. Bouaziz s'était rendu au Palais Abdellia à La Marsa, banlieue aisée de Tunis, pour constater le caractère "insultant" de certaines oeuvres exposées dans le cadre du "Printemps des Arts", manifestation annuelle d'arts plastiques et réclamer leur décrochage.

L'huissier était mandaté par "l'Association Centriste de Sensibilisation et de Réforme", une association islamiste plus connue sous le nom "d'association de la vertu contre le vice", agréée après la révolution.

Rameutés par les réseaux sociaux, des représentants de la société civile et des personnalités politiques d'opposition s'étaient rassemblés au palais Abdellia pour "défendre la liberté de création et d'expression".

Dans la soirée, de présumés salafistes s'étaient introduits dans le palais et avaient détruit des oeuvres. Le lendemain, des émeutes éclataient dans plusieurs localités tunisiennes, faisant un mort et plus d'une centaine de blessés.

Durant l'audience de mercredi, M. Bouaziz a fait son propre récit de la journée du 10 juin. Il a affirmé avoir découvert "par hasard" les toiles "offensantes pour l'islam" dans le Palais Abdellia et que les organisateurs ont refusé le décrochage des tableaux.

Il a dit s'être dirigé vers la mosquée de son quartier, avoir montré les photos des toiles aux fidèles présents. "Je les ai appelés à manifester devant le palais à 18H. J'ai quitté la manifestation à 19H30 à la demande de la police et je n'ai rien à voir avec la suite", a assuré l'huissier.

Il a répété qu'il a appelé à manifester en tant que citoyen et activiste politique, et non en tant que huissier.

mh/hba

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