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Torture présumée de détenus afghans: la police militaire canadienne blanchie

27/06/2012 04:12 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

Une commission publique d'enquête a blanchi mercredi huit officiers de la police militaire canadienne en lien avec une affaire de torture présumée de détenus afghans, notamment de talibans, transférés aux autorités de leur pays.

"La Commission a rejeté la plainte déposée contre les huit officiers supérieurs de la police militaire", a déclaré son président, Glenn Stannard, en présentant le rapport d'enquête.

Cette enquête de la "Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire" avait été ouverte après une plainte déposée en juin 2008 par Amnesty International Canada et l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique, contre huit officiers de la police.

Les deux organisations avaient accusé ces derniers de ne pas avoir enquêté sur les agissements de l'armée canadienne en Afghanistan, qui était soupçonnée d'ordonner le transfèrement de talibans aux autorités afghanes, alors qu'elle les savait exposer à des risques de torture.

La plainte couvrait la période du 3 mai 2007 au 12 juin 2008.

La Commission a estimé que les décisions concernant les transfèrements de détenus afghans étant prises à un niveau supérieur, les officiers ne disposaient pas d'informations suffisantes pour lancer une enquête sur le traitement des prisonniers.

Le rapport précise que les avertissements du ministère des Affaires étrangères en 2007 sur les allégations de torture dans les prisons afghanes n'ont pas été communiqués à la police militaire.

Il souligne des problèmes importants de transmission et de partage de l'information dans la police militaire.

De 2008 à 2011, la commission a entendu 40 témoins, dont les huit officiers visés par la plainte, pendant 47 jours d'audience publique.

Il y a un an, le gouvernement canadien avait publié 4.000 pages de documents blanchissant, selon lui, les soldats canadiens d'avoir délibérément exposé des prisonniers afghans à la torture en les remettant aux mains des services de sécurité de Kaboul.

La Convention de Genève interdit à une partie belligérante de remettre des prisonniers à une autre partie s'ils risquent d'être torturés.

amch/jl/sam

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