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Sept employés tués dans une attaque contre une chaîne de télévision syrienne

27/06/2012 04:36 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Des hommes armés ont mené un raid mercredi matin au siège d'une chaîne de télévision syrienne pro-gouvernementale, tuant sept employés, en enlevant d'autres et démolissant les locaux, ont annoncé les autorités.

L'attaque contre la chaîne de télévision Ikhbariya a eu lieu dans la ville de Drousha, située à 20 kilomètres au sud de Damas.

Ikhbariya est une chaîne privée, mais elle soutient le régime du président Bachar el-Assad. Des journalistes pro-gouvernementaux ont été pris à partie à plusieurs reprises depuis le début du soulèvement contre le régime syrien, il y a 15 mois.

Les rebelles nient cependant vouloir s'en prendre aux médias. L'Observatoire syrien des droits de l'nomme (OSDH), une organisation de l'opposition établie à Londres, a confirmé le raid et la mort de plusieurs employés, mais sans donner de précisions.

Selon le ministre de l'Information Omran al-Zoebi, les hommes armés ont fait sauter des charges explosives, tué sept employés et enlevé plusieurs autres personnes.

«Ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est un massacre, un massacre contre la liberté de la presse», a affirmé M. Al-Zoebi à la télévision publique syrienne. «Ils ont perpétué un massacre effroyable en exécutant les employés», a-t-il ajouté, en présentant cela comme un exemple des atrocités commises par les rebelles.

Un employé a raconté qu'il avait été enlevé avec plusieurs gardiens, et qu'il avait été le seul du groupe à avoir été relâché. Il a précisé que les hommes armés l'avaient emmené à 200 mètres du bâtiment et qu'il avait entendu une explosion en provenance des locaux. Quelques heures après l'incident, la chaîne continuait toutefois à diffuser ses programmes.

Par ailleurs, selon l'OSDH, au moins dix soldats ont été tués mercredi dans une embuscade dans la province de Deir el-Zour, dans l'est du pays. Des militants ont aussi fait état d'affrontements à Homs, à Idlib et dans la province d'Alep.

L'agence de presse turque Anadolu a annoncé que plus d'une trentaine de soldats syriens avaient déserté en Turquie avec leur famille dans la nuit de mardi à mercredi.

À Genève, l'émissaire adjoint de l'ONU pour la Syrie, Jean-Marie Guéhenno, a déclaré devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU que la violence en Syrie avait «atteint ou même dépassé» les niveaux enregistrés avant l'accord de cessez-le-feu du 12 avril. Il a aussi affirmé que le plan de paix conçu par l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, «n'est clairement pas mis en oeuvre».

Selon un rapport présenté devant le Conseil des droits de l'Homme, les forces fidèles au gouvernement syrien «pourraient avoir été responsables» de la mort d'une grande partie de la centaine de civils tués dans la région de Houla les 24 et 25 mai derniers.

D'après ce rapport, l'armée ou les milices pro-gouvernementales, les «shabiha», étaient les mieux placées pour accéder aux lieux du massacre. La plupart des victimes étaient des femmes et des enfants qui se trouvaient dans leur maison.

Le chef de l'équipe d'experts ayant réalisé le rapport, Paulo Sergio Pinheiro, a affirmé qu'une enquête plus approfondie était nécessaire pour savoir qui est véritablement responsable du massacre.

Sur le plan diplomatique, une réunion du «groupe d'action» sur la Syrie doit avoir lieu samedi à Genève. Des représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Royaume-Uni, France, États-Unis, Chine, Russie), de la Turquie, de l'Union européenne et de la Ligue arabe ont été invités, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Aucun représentant de l'Arabie Saoudite, de l'Iran et de la Syrie n'a toutefois été invité.

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