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Québec presse Ottawa pour que les postes clés au fédéral soient bilingues

27/06/2012 03:08 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Québec maintient les pressions auprès d'Ottawa pour que les agents du Parlement et autres postes «sensibles» soient pourvus uniquement par des candidats bilingues à l'avenir.

Le ministre provincial des Affaires intergouvernementales, Yvon Vallières, a profité d'une conférence ministérielle sur la francophonie, mercredi, pour soulever les inquiétudes de l'Assemblée nationale auprès du ministre conservateur James Moore. Québec en a particulièrement contre la nomination récente d'unilingues anglophones aux postes de vérificateur général et de juge à la Cour suprême du Canada.

Si l'on veut «valoriser la langue française», il faut agir en conséquence, a noté le ministre Vallières en entrevue téléphonique de puis Edmonton, en Alberta. «Une façon de le faire, c'est très certainement d'exiger (le bilinguisme) comme compétence incontournable dans les postes aussi importants.

«J'ai eu l'occasion de répéter à M. Moore à quel point il est important pour nous que les nominations des postes stratégiques et sensibles au niveau fédéral soient pourvus par des gens qui parlent les deux langues officielles du pays», a-t-il signalé.

Le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles a accueilli les préoccupations de M. Vallières sans pour autant lui préciser comment le gouvernement entendait agir dans ce dossier. En entrevue avec La Presse Canadienne, M. Moore a soulevé que son opinion sur la question n'était pas si différente de celle de M. Vallières.

«Nous sommes franchement dans le même coin que lui. La capacité de parler les deux langues officielles, c'est une qualité essentielle pour les nominations, et on cherche toujours les gens avec ces qualifications», a-t-il assuré.

Pas question cependant d'appliquer cette règle aux juges du plus haut tribunal du pays, a prévenu M. Moore. Selon lui, le bilinguisme obligatoire aurait pour effet de trop restreindre le nombre de magistrats potentiellement candidats.

Ottawa avait essuyé les indignations de Québec après la nomination du juge unilingue Michael Moldaver à la Cour suprême du Canada. Un même flot de critiques s'était abattu sur lui quand Michael Ferguson, qui ne parle pas français, a été désigné vérificateur général du pays.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a d'ailleurs déposé un projet de loi pour rendre obligatoire le bilinguisme pour 10 postes clés au Parlement, mais le gouvernement de Stephen Harper n'a toujours pas indiqué s'il entendait l'appuyer.

«On va regarder le projet de loi et prendre une position bientôt», a conclu le ministre Moore.

Tension Québec-Ottawa

Les relations entre Québec et Ottawa sont loin d'être au beau fixe ces derniers mois. Les litiges se sont multipliés entre les deux paliers de gouvernement, de la conservation des données du registre des armes d'épaule au durcissement de la justice criminelle, en passant par la juridiction sur les banques et le retrait du Canada au Protocole de Kyoto.

Les conflits sont tellement nombreux qu'en mars dernier, le ministre Yvon Vallières avait affirmé qu'Ottawa avait «oublié» le Québec, qu'un «malaise» s'installait et que les deux gouvernements étaient «incapables de communiquer sur quoi que ce soit».

Malgré tout, la situation prend du mieux, a fait savoir M. Vallières, mercredi. «Je sens qu'il y a des efforts qui se font de part et d'autre. J'espère que l'épisode que nous avons connu de dossiers avec de nombreux différends avec le gouvernement fédéral va connaître une autre tendance», a-t-il confié.

Il a toutefois prévenu que Québec «serait toujours là pour dénoncer» les éventuelles décisions unilatérales du fédéral sur les sujets qui le touchent.

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