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Mauritanie: une cour refuse de statuer sur le cas d'anti-esclavagistes

27/06/2012 12:48 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

La Cour criminelle de Nouakchott a rejeté mercredi pour vices de forme le dossier visant sept membres d'une ONG anti-esclavagiste, emprisonnés depuis début mai après avoir brûlé des livres musulmans justifiant, selon eux, l'esclavage, a-t-on appris de source judiciaire.

"La Cour s'était retirée juste après le début du procès pour statuer sur les vices de forme soulevés par la défense concernant le dossier de Biram Ould Dah Ould Abeid et ses six co-accusés et l'a rejeté, le renvoyant devant le parquet", a affirmé l'avocat des prévenus, Abdarrahmane Ould Deihy.

Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA),ONG anti-esclavagiste, est accusé avec six membres de son organisation d'avoir ordonné et organisé l'autodafé le 27 avril d'ouvrages de référence de sciences islamiques, reprochant à leurs auteurs d'avoir justifié la pratique de l'esclavage en Mauritanie au nom de l'islam.

Me Ould Deihy a cité parmi les vices de forme annoncés par la Cour "l'absence d'une instruction judiciaire avant la comparution des prévenus, l'absence dans le dossier d'une accusation formulée par le procureur qui s'est contenté de répercuter et de prendre pour acquis les accusations formulées par la police".

"Nous avons gagné cette première manche. Nous pensons que nos clients seront libérés dans la journée, sauf si le parquet en décide autrement", a expliqué l'avocat.

La Cour a signifié mercredi à M. Ould Abeid les principaux chefs d'inculpation qui lui sont reprochés ainsi qu'aux autres co-prévenus: "flagrant délit d'actes et de paroles conduisant à l'apostasie", "atteinte aux valeurs fondamentales de la société pour des objectifs racistes et ethniques", "direction d'une organisation non-autorisée" et "résistance à la force publique".

M. Ould Abeid a plaidé non-coupable. Ce descendant d'esclaves avait, début juin, "regretté la mauvaise compréhension" de son acte et présenté ses "excuses au peuple mauritanien et aux peuples musulmans".

L'IRA a dénoncé ces derniers mois plusieurs cas d'esclavage en Mauritanie, où cette pratique n'est officiellement interdite que depuis 1981. Depuis 2007, l'esclavage y est reconnu comme un crime et ses auteurs sont passibles de dix ans de prison.

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