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Manif contre la réforme de l'assurance-emploi: il ne serait pas trop tard

27/06/2012 01:51 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Il n'est peut-être pas trop tard pour ceux qui s'opposent à la réforme de l'assurance-emploi: certains paramètres devront encore être précisés cet automne.

Jacques Beaudoin, porte-parole du Mouvement action chômage de Montréal, croit que tout n'a pas été ficelé avec l'adoption aux Communes, la semaine dernière, du volumineux projet de loi C-38 qui visait la mise en oeuvre du budget, dont la réforme de l'assurance-emploi.

Selon lui, C-38 a aboli la définition de ce qu'était un «emploi convenable» dans la loi, mais a confié à la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, le pouvoir de déterminer dans un règlement à venir ce que sera un emploi convenable que devra accepter le prestataire de l'assurance-emploi.

«La ministre n'a pas encore rédigé son règlement. On nous l'annonce pour le début septembre, avec une entrée en vigueur au 1er janvier. Donc, on se fait peut-être des illusions, mais on a espoir qu'il y a moyen d'infléchir les choses et d'amener le gouvernement à changer sa vision par rapport à ça», a confié M. Beaudoin.

Ils étaient une trentaine, mercredi, à manifester devant le Complexe Guy-Favreau, qui abrite des bureaux régionaux du gouvernement fédéral à Montréal.

De plus, les règles qui définiront le futur tribunal d'appel des décisions sur l'assurance-emploi n'ont pas encore été définies, a confirmé le député néo-démocrate de Rosemont—La Petite Patrie, Alexandre Boulerice, présent à la manifestation.

«Le système qui fonctionnait, les conservateurs le mettent à terre. (Avec le futur tribunal d'appel) on ne sait pas très bien quels vont être les délais, quelle va être la forme, comment ça va fonctionner», concède le député du NPD.

M. Beaudoin craint que les prestataires doivent comparaître par vidéoconférence depuis leur région pour s'expliquer aux représentants d'un tribunal d'appel centralisé, basé à Ottawa.

«Il y a beaucoup de détails à venir encore» au sujet de cette instance d'appel, rapporte le député Boulerice.

M. Beaudoin souligne que bien qu'on a surtout entendu parler du cas des travailleurs saisonniers, qui seront pénalisés par cette réforme, ils ne seront pas les seuls.

«Les saisonniers, comme ils sont des prestataires fréquents, ils vont être plus visés et vont devoir accepter des emplois potentiellement à 70 pour cent du dernier salaire. Mais ce ne sont pas uniquement les travailleurs saisonniers qui vont être touchés. À Montréal aussi, ça existe beaucoup des gens qui ont des emplois à durée déterminée, des travailleurs d'agences de placement ou qui passent d'un contrat à l'autre», et qui goûteront à la même médecine, rapporte M. Beaudoin.

Les groupes de défense des droits des chômeurs lançaient à cette occasion une campagne qui prendra son envol en septembre prochain. Des assemblées publiques auront lieu à la fin du mois d'août un peu partout au Québec, et une à Montréal le 6 septembre. Une manifestation est aussi prévue dans la semaine du 20 octobre. M. Beaudoin dit souhaiter «la rentrée la plus chaude possible».

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