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Mali: les islamistes du MUJAO s'emparent de la ville de Gao, au moins huit morts

27/06/2012 07:17 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

BAMAKO, Mali - Après plusieurs heures de violents combats, une faction islamiste est entrée dans les édifices administratifs de la ville de Gao, dans le nord du Mali, mercredi, forçant la faction rebelle laïque qui contrôlait les lieux à battre en retraite. Le drapeau des islamistes flotte désormais à travers tout le nord du Mali.

Un résidant de Gao, Hamadada Touré, a déclaré qu'il s'était caché dans sa maison quand les affrontements ont commencé en matinée entre le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et les rebelles islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO).

Vers 14 h, les tirs ont cessé. M. Touré est alors sorti de chez lui et a constaté que la ville n'était plus contrôlée par le MNLA.

«J'ai vu cinq combattants morts du MNLA dont les corps étaient abandonnés sur un terrain près du bureau du gouverneur de Gao, devenu le quartier général du MNLA», a-t-il dit lors d'une entrevue téléphonique. «Dans tous les édifices que le MNLA contrôlait, leur drapeau a été descendu et remplacé par le drapeau des islamistes.»

Ce changement de pouvoir à Gao a été confirmé par un autre résidant, le docteur Mohamed Diamoye, qui travaille dans l'hôpital de la ville. L'hôpital a reçu trois corps, dont celui d'un combattant du MUJAO, a-t-il dit.

Un membre du MNLA a annoncé en soirée que l'un des leaders du groupe avait été blessé accidentellement par son garde du corps lors d'un affrontement avec les islamistes à Gao. Bilal Ag Cherif, secrétaire général du MNLA, a été transporté par avion au Burkina Faso pour être soigné.

Ce membre du MNLA, qui a réclamé l'anonymat compte tenu de la nature délicate du dossier, a précisé que le garde du corps de M. Cherif l'avait blessé à la jambe en tentant de repousser l'avancée des islamistes sur le quartier général du MNLA.

Les rebelles touaregs ont pris le contrôle de la moitié nord du Mali à la fin du mois de mars, tirant avantage du chaos et de la désorganisation de l'armée après le coup d'État à Bamako, la capitale. Le front rebelle était alors mené par le MNLA, qui réclame un État indépendant, l'Azawad, pour le peuple touareg.

Mais la division des rebelles est rapidement devenue évidente. Au moins deux factions islamistes ont émergé, dont le MUJAO, qui a pris le contrôle de Gao, et Ansar Dine, qui s'est établie à Tombouctou. Ces deux groupes islamistes auraient des liens avec la branche d'Al-Qaïda au Maghreb. Selon les analystes, leur présence dans le nord du Mali pose de graves risques pour la sécurité de toute la région.

Le mois dernier, les différentes factions rebelles ont tenté de se rallier autour d'une position commune. Mais les discussions sont restées bloquées sur la question de la loi islamique, que les islamistes veulent appliquer de façon stricte, ce que le MNLA refuse.

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