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Les Mexicains craignent la réaction d'«AMLO» s'il perd l'élection présidentielle

27/06/2012 08:08 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

MEXICO - Quatre jours avant l'élection présidentielle au Mexique, l'attention du pays est concentrée sur le candidat qui semble désormais assuré de perdre le scrutin.

Il s'agit d'Andrés Manuel Lopez Obrador, le candidat de gauche qui a paralysé le centre de Mexico lors de la dernière élection présidentielle avec de grandes manifestations contre sa défaite, qu'il attribuait alors à des fraudes électorales.

Les derniers sondages rendus publics mercredi indiquent que M. Lopez Obrador est bloqué en deuxième position, derrière le candidat de l'ancien parti au pouvoir, Enrique Pena Nieto, qui mène largement la course avec une avance de 8 à 17 points de pourcentage.

Les Mexicains s'attendent donc à la victoire de M. Pena Nieto, qui permettra le retour au pouvoir du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) après une absence de 12 ans. Mais les Mexicains se demandent si M. Lopez Obrador acceptera la défaite ou s'il appellera ses partisans à descendre dans les rues de la capitale pour répéter les grandes manifestations de 2006.

Lors de la dernière élection présidentielle, M. Lopez Obrador, surnommé «AMLO», menait dans les sondages jusqu'au dernier jour de la campagne. Mais selon les résultats officiels, il est arrivé deuxième, derrière le président actuel Felipe Calderon, avec seulement un pour cent de votes de moins. M. Lopez Obrador s'était alors déclaré «président légitime» du Mexique, avait nommé un cabinet et entamé une tournée dans le pays pour rallier ses partisans.

Andrés Manuel Lopez Obrador, ancien maire de Mexico, a déjà commencé à lancer des attaques verbales contre M. Pena Nieto et le PRI. Il met régulièrement en doute la validité du processus électoral et ne cesse d'évoquer la possibilité de fraudes électorales. Mardi, il a appelé ses partisans à surveiller attentivement les bureaux de vote.

«En ce moment, nous nous préparons à défendre le vote afin d'éviter qu'une nouvelle fraude électorale soit commise», a-t-il dit devant une foule de partisans.

«Il anticipe cette fraude alléguée depuis des semaines. La notion de fraude est vivante et bien implantée sans sa rhétorique», a analysé Luis Rubio, président du Center for Development Research, un centre de recherche indépendant de Mexico.

«Lopez Obrador est Lopez Obrador et il ne reconnaîtra pas les résultats, peu importe ce qui arrive.»

L'Institut électoral fédéral a pressé mercredi les candidats de signer un «pacte de civilité» dans lequel ils s'engagent à respecter la légitimité et la légalité du scrutin de dimanche, un document qui semble clairement destiné à Andrés Manuel Lopez Obrador. Le candidat de gauche a promis qu'il signerait le pacte dans les prochains jours.

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