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Le Premier ministre irakien convoque des élections anticipées (communiqué)

27/06/2012 08:15 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a convoqué des élections anticipées en raison d'une grave crise politique qui paralyse le pays depuis six mois, selon un communiqué officiel publié mercredi.

"Alors que l'autre partie refuse de s'assoir à la table du dialogue et continue de provoquer des crises politiques successives qui nuisent gravement aux intérêts suprêmes du peuple irakien, le Premier ministre s'est vu obligé de convoquer des élections anticipées", selon le texte.

D'après l'article 64 de la Constitution, le Parlement peut être dissous par le vote d'une majorité absolue de ses membres à la demande d'un tiers des députés ou du Premier ministre après accord du président de la République.

La position du président Jalal Talabani sur la question n'était pas connue dans l'immédiat.

Après les élections parlementaires de mars 2010, le gouvernement n'avait été formé qu'en décembre, et certains portefeuilles clés, notamment la Défense et l'Intérieur, demeurent dépourvus de titulaire.

L'Irak traverse une crise politique qui s'est déclarée en décembre, au moment du retrait des troupes américaines, sous l'impulsion d'Iraqiya, bloc laïque dominé par les sunnites, qui accuse M. Maliki d'accaparer le pouvoir.

Les dirigeants kurdes et le bloc du chef chiite Moqtada Sadr sont ensuite également entrés en conflit avec M. Maliki, arrivé au pouvoir en 2006 et reconduit après les élections législatives de 2010. Le mandat de la législature actuelle court jusqu'en 2014.

Le président kurde Talabani a opposé il y a près de trois semaines une fin de non-recevoir à ceux qui lui demandaient d'organiser un vote de défiance à l'encontre du chef de gouvernement chiite, invoquant le manque de soutien nécessaire des députés à une telle démarche.

Le président du Parlement Oussama al-Noujaifi a déclaré la semaine dernière que les députés anti-Maliki allaient réclamer prochainement une audition du Premier ministre dans une nouvelle tentative d'obtenir un vote de défiance.

La crise politique a paralysé le gouvernement et le Parlement, où aucune législation significative n'a été votée à l'exception du budget, alors que d'autres mesures, notamment une loi sur les hydrocarbures régulant le secteur pétrolier ont été reportées.

Des dirigeants politiques ont mis en garde contre les conséquences de l'instabilité politique sur la situation sécuritaire. Mercredi, au moins onze personnes ont été tuées dans l'explosion de trois bombes en Irak, selon un responsable du ministère de l'Intérieur et une source médicale.

Les violences en Irak ont diminué par rapport aux terribles années 2006 et 2007 mais n'ont pas pour autant cessé, en particulier à Bagdad. En mai, 132 personnes ont péri dans des attaques selon les chiffres officiels, et le mois de juin s'annonce nettement plus meurtrier.

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