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Le ministre burkinabè des Affaires étrangères à Alger sur la crise malienne

27/06/2012 08:23 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

Djibril Bassolé, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, pays chargé par les pays d'Afrique de l'Ouest d'une médiation au Mali, est arrivé mercredi à Alger pour discuter de la crise au Mali, selon des sources officielles.

"Je viens en Algérie faire le point sur le dossier malien car le président burkinabé Blaise Compaoré a été désigné par ses pairs à la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) comme médiateur dans la crise malienne", a déclaré M. Bassolé à sa descente d'avion où il a été accueilli par le ministre des Affaires maghrébines et africaines Abdelkader Messahel.

"Le rôle de l'Algérie pour le règlement de la crise au Mali est extrêmement important", a-t-il ajouté, cité par l'agence APS. "Je vais travailler avec mon homologue algérien sur les différents aspects et modalités de ce dossier".

Le conflit au Mali "secoue les institutions à Bamako et fragilise le rôle du nord de ce pays ainsi que l'ensemble de la bande sahélo-saharienne", a encore déclaré le ministre.

Lundi, le président algérien Abdelaziz Bouteflika avait reçu l'envoyé spécial de son homologue ivoirien Alassane Ouattara, chef en exercice de la Cédéao, après plusieurs visites de hauts responsables de la région en Algérie.

Alger connaît "mieux que nous (Cédéao) ce problème. Il y a eu déjà les accords d'Alger signés entre les Maliens", avait rappelé l'envoyé ivoirien.

Il faisait référence à l'Accord d'Alger du 4 juillet 2006 pour la restauration de la sécurité dans la région de Kidal (nord-est du Mali) conclu entre l'aile politique de la rébellion touareg et le gouvernement malien.

Par ailleurs, une délégation du collectif des ressortissants du Nord du mali (Coren) séjourne actuellement à Alger, ont indiqué des membres du collectif à l'AFP à Bamako. "Nos représentants du collectif des ressortissants du nord du mali (COREN) sont actuellement à Alger dans le cadre de la recherche d'une solution pour le retour de la paix dans le nord", dont Gao, où des affrontements entre rebelles touareg et islamistes se déroulaient mercredi.

Cette région est contrôlée depuis bientôt trois mois par des groupes armés aux objectifs divergents et dont les premières victimes sont les habitants exaspérés qui subissent leur loi.

L'Algérie avait estimé dimanche qu'une solution "politique négociée" pouvait mettre fin à la crise dans ce pays frontalier, dont le nord est entre les mains de groupes armés, islamistes et touareg, depuis mars.

Depuis le début de la crise malienne, l'Algérie a adopté une ligne de non-ingérence chez son voisin, tout en affirmant son attachement à l'intégrité territoriale de ce pays et en multipliant les contacts avec les pays concernés.

Le Mali, l'Algérie et le Burkina Faso ont affirmé que dans un premier temps, il fallait exclure l'option militaire.

La situation du Mali devait occuper une partie des trois jours de réunion du Comité international des services de renseignement et de sécurité africains (Cissa) dont la 9e session s'est ouverte mardi soir à Alger.

Dans une allocution d'ouverture à cette session à huis clos, le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia s'est gardé d'entrer dans le détail des menaces en Afrique. Mais il a souligné, cité par le journal gouvernemental El Moudjahid, que ces menaces se "superposent" et "s'autoalimentent" pour créer "un contexte défavorable voire hostile".

Le président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping, présent à cette réunion, a eu des entretiens avec M. Messahel en marge des travaux sans qu'aucune information ait filtré.

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