NOUVELLES

Khartoum rejette les critiques américaines, réprime nouvelles manifestations

27/06/2012 01:36 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

Khartoum a rejeté les critiques américaines concernant la répression des manifestations au Soudan, où de nouveaux rassemblements ont été dispersés mercredi au 12e jour du mouvement de contestation, ont indiqué des témoins.

"Le Soudan rejette toute intervention dans ses affaires internes", a indiqué dans un communiqué le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Al-Obeid Meruh, en faisant référence à la condamnation formulée mardi par son homologue au département d'Etat.

"Les Etats-Unis ne sont pas qualifiés pour donner des conseils sur ce type de questions car ils continuent à bombarder des civils en différents endroits du monde et ont réprimé les manifestants à Wall Street", a-t-il poursuivi.

Mardi, Victoria Nuland, la porte-parole du département d'Etat, avait estimé que "la crise économique du Soudan ne peut être résolue en arrêtant et en maltraitant les manifestants", et réclamé leur remise en liberté.

Des manifestations ont été de nouveau réprimées mercredi au Soudan, notamment à Kassala (est), où une centaine d'étudiants sont descendus dans les rues de la ville pour le deuxième jour consécutif. Brandissant des photos de leurs camarades arrêtés, ils ont dénoncé la hausse des prix alimentaires, avant d'être dispersés par la police anti-émeutes qui a fait usage de gaz lacrymogènes, selon des témoins.

"Après 23 années passées à subir, les Soudanais ont décidé de dire que trop, c'est trop", a affirmé dans un communiqué le mouvement contestataire de jeunes Sudan Change Now, estimant que les manifestations déclenchées par la crise économique étaient désormais "dirigées contre la dictature" d'Omar el-Béchir.

Des associations de défense des droits de l'Homme affirment qu'un grand nombre de manifestants ont été interpellés depuis le début des protestations le 16 juin devant l'Université de Khartoum, qui se sont rapidement étendues à d'autres endroits de la capitale et du pays.

"Le Soudan doit mettre un terme à sa répression des manifestations pacifiques, libérer les personnes arrêtées et autoriser les journalistes à couvrir librement les événements", a affirmé l'organisation Human Rights Watch dans un communiqué.

"Alors que la plupart des personnes interpellées ont été libérées après quelques heures ou quelques jours, des groupes soudanais suivant la situation estiment que plus d'une centaine sont toujours en détention", a-t-elle souligné.

Le ministre britannique chargé de l'Afrique, Henry Bellingham, avait également demandé mardi demandé "la libération des personnes arrêtées alors qu'elles participaient à des manifestations pacifiques, et (appelé) les forces de sécurité à agir avec retenue".

Le président Béchir, au pouvoir depuis 23 ans, avait minimisé dimanche soir le mouvement de protestation, assurant que la multitude de petites manifestations ne constituaient pas une nouvelle étape du Printemps arabe.

str-it/cco/cnp

PLUS:afp