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Irak: le premier ministre Al-Maliki menace de convoquer des élections anticipées

27/06/2012 05:32 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

BAGDAD - Le premier ministre irakien a menacé mercredi de déclencher des élections anticipées si les factions politiques du pays n'arrivent pas à résoudre l'impasse qui paralyse le gouvernement depuis plusieurs mois.

Il s'agit de la plus récente tactique du premier ministre Nouri Al-Maliki dans la longue crise politique que traverse l'Irak, et qui pousse les chiites, les sunnites et les Kurdes à réclamer sa démission. L'impasse alimente aussi les craintes d'une nouvelle flambée de violence des insurgés, qui pourraient tenter de tirer avantage du chaos politique. Des attentats visant un religieux chiite et un combattant d'une milice opposée à Al-Qaïda ont fait au moins 11 morts mercredi à Bagdad.

M. Al-Maliki, un chiite, a affirmé que le refus continuel de ses opposants politiques de négocier une solution à la crise ne lui laissait pas d'autre choix que de convoquer des élections.

«Quand l'autre partie refuse de s'asseoir à la table des négociations et insiste pour créer des crises continues (...), le premier ministre se retrouve obligé de déclencher des élections anticipées afin que les Irakiens aient le dernier mot», a dit M. Al-Maliki dans une entrevue diffusée sur son site Internet officiel. Il n'a pas donné de date possible pour le scrutin.

Le menace d'élections du premier ministre intervient alors que les leaders sunnites, kurdes et quelques dirigeants chiites réclament sa démission depuis plusieurs mois, estimant que M. Al-Maliki les a écartés du pouvoir. Mais on ne sait pas très bien s'ils ont la volonté politique ni assez de soutiens au Parlement pour renverser le premier ministre dans le cadre d'un vote de confiance.

Le leader religieux chiite Moqtada Al-Sadr, férocement anti-Américain, s'est joint cette semaine aux opposants à M. Al-Maliki pour réclamer sa démission, faisant augmenter la pression contre le premier ministre.

En tentant de contrer cette menace par des élections anticipées, Nouri Al-Maliki espère que le soutien populaire dont il bénéficie à travers le pays lui donnera une victoire claire et confirmera sa légitimité en tant que chef du pouvoir exécutif.

La crise a commencé en décembre, quand le gouvernement a porté des accusations de terrorisme contre le plus important politicien sunnite du pays, le vice-président Tareq al-Hashemi. Ces accusations ont poussé les politiciens sunnites a boycotter brièvement les réunions du cabinet, paralysant les travaux du gouvernement.

La menace d'élections lancée par le premier ministre se veut en partie une réponse au retrait de Moqtada al-Sadr de la base d'appuis qui a permis à M. Al-Maliki d'être porté au pouvoir après l'échec des élections de 2010, qui n'ont pas dégagé de vainqueur clair. Le premier ministre avait déjà évoqué la possibilité d'élections anticipées auparavant, et on ne sait pas encore s'il parviendra à convaincre la majorité des députés de l'appuyer dans sa décision.

Le conseiller médiatique du premier ministre, Ali al-Moussaoui, a affirmé que M. Al-Maliki espérait toujours résoudre la crise par le dialogue.

Les prochaines élections parlementaires en Irak sont prévues en 2014. En vertu de la Constitution irakienne, une majorité des 325 députés doit voter en faveur de la dissolution de la législature pour que de nouvelles élections soient déclenchées.

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